Le Petit Catalaunien Illustré


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 Au sommaire du n° 61
L'éditorial : Le calme avant la tempête

 
Culture
Châlons en 1908

Le mau mélé de Lou Paté
Quand Châlons constituait une oasis de verdure
Bonne et heureuse année ... 1908 !
Faits divers
Les transformations de Châlons passées au crible
Les vitraux de la Cathédrale
La Restauration de l’Eglise Notre-Dame
Mgr Latty quitte Châlons
plans de Châlons
Châlons, étape touristique ?
Châlons, l’armée, la République,
la Patrie et l’Empire

- La manifestation des conscrits
- Mort tragique d’un Châlonnais au Maroc
- Naissance de l’école d’infirmière
- Grande cavalcade de bienfaisance du
29 mars 1908

Brrr ! Quel hiver !...
Les gad’zarts se mutinent
Le mardi-gras à Châlons
Nos réclames

 
L'éditorial
de Sabine Schepens
Rédactrice en chef

Le calme avant la tempête

Que s’est-il donc passé à Châlons voici un siècle, en 1908 ? Une fois posée, cette interrogation ne pouvait rester sans réponse, tant elle taraudait le Petit Catalaunien. Il prit donc le chemin de la bibliothèque avec l’idée de glaner quelques informations pour rédiger un article de deux ou trois pages à partir des faits marquants de l’actualité locale relayée par deux de ses vieilles connaissances, toujours promptes à polémiquer entre elles, Le Journal de la Marne et L’Union Républicaine1.

Mais, parce que les choses se passent rarement comme on les prévoit, au fur et à mesure qu’il visionnait le microfilm du premier et tournait les pages du second, le Petit Catalaunien comprit rapidement qu’il était tombé sur une telle mine d’informations qu’un simple article n’y suffirait pas, sauf à frustrer ses lecteurs qui ne suivraient pas ses traces et n’auraient que les quelques bribes qu’il voudrait bien leur lâcher.

Certes, la frustration n’aurait été guère considérable s’il s’était contenté de signaler que l’hiver avait été particulièrement rigoureux, que Mgr Latty quittait l’évêché de Châlons pour l’archevêché d’Avignon, que les conscrits avaient manifesté leur patriotisme et les Châlonnais pleuré le lieutenant Cremadells, que les gad’zarts s’étaient mutinés ou encore que les faits divers de l’époque valaient bien ceux d’aujourd’hui.

Mais pouvait-il se contenter de signaler les articles de fond qu’il y découvrit, comme celui sur les verrières de la cathédrale, ou cet autre sur les promenades qui faisaient de Châlons une oasis de verdure, ou encore de résumer l’intéressante étude publiée sur les transformations de Châlons depuis 1870 ?

Et puis, comment rendre en quelques lignes le feu qu’il sentait couver sous la cendre et qui n’attendait que le fil du mois d’avril pour se découvrir et emporter dans la tempête des élections municipales les passions déchaînées des uns et des autres ? Elles furent relayées par les deux compères qui, à défaut de faire la pluie et le beau temps, se chargeaient de convaincre leurs (é)lecteurs du bien-fondé des arguments qu’ils développaient.

Non, décidément, ce retour dans la mémoire du temps méritait plus qu’un simple article ! Alors le Petit Catalaunien se mit à rentrer dans son ordinateur toutes ces informations par thème et par ordre chronologique tout en se demandant comment il allait bien pouvoir les placer sur un seul numéro et les présenter sans les altérer. Bref, comment faire œuvre didactique et historique tout en permettant de se plonger pleinement dans l’ambiance de 1908 ?

Pour y parvenir, le Petit Catalaunien a fait le choix de reproduire les articles en mentionnant leur origine, sans autres altérations – au demeurant indiquées par des points de suspension entre crochets – que celles des longueurs et détails qu’il a jugé sans réel intérêt historique et sans autres ajouts que les titres et chapeaux les introduisant et les notes les resituant. S’agissant des illustrations, inexistantes dans la presse de l’époque, il a fait le choix de les remplacer par d’authentiques « réclames » de 1908.

Quant à la tempête annoncée, les lecteurs du Petit Catalaunien lui pardonneront bien volontiers que, après leur avoir souhaité une bonne et heureuse année, il les invite à attendre le prochain numéro, qui devrait sortir exceptionnellement en février, pour la leur livrer.
1 Dans ce numéro, Le Journal de la Marne est mentionné par le sigle JdM et L’Union Républicaine par UR.

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Le Mau mêlé catalaunien de Lou Paté

Retrouvez les mots qui suivent dans notre Mau mêlé. Avec les 7 lettres restantes, trouvez un fruit syncarpé à une ou plusieurs loges tel que pour le saule, la gentiane, la colchique ou l’iris.

AKENE
ALBUMEN
ALGUE
ANTHERE
BAIE
BRANCHES
CALYCE
CARPELLE
CHARME
CHATON
CHENE
CRUCIFERE
DICOTYLEDONE
DRUPE
ETAMINE
FEUILLE
GLAND
GRAINE
HERBE
HYPOGENE
ISSUE
MARRONNIER
NATURE
PERYANTHE
PETALE
PIN
RADICULE
SEPALE
SEVE
STIPULES
STROBILE
SUC
TRONC
UTRICULE
Quand Châlons constituait une oasis de verdure

L’Union Républicaine du 6 janvier 1908 a publié un article sur les promenades qui ceinturaient Châlons et qui firent autrefois la réputation de la ville. « Avant la guerre de 1870 [elle] constituait une véritable oasis de verdure », y apprend-on. L’orme y était alors le roi avant de disparaître sous les coups de la maladie et de haches des bûcherons.
Bonne et heureuse année ... 1908 !

La presse locale de 1908 ne mentionne pas de cérémonies protocolaires de vœux du Maire aux autorités civiles, militaires et religieuses en poste à Châlons. Pour autant, la tradition des vœux existe bel et bien et procède d’un certain cérémonial en usage le premier jour de l’an dans les familles châlonnaises.
 

Faits divers

La presse locale de Châlons en 1908 regorge de faits divers très succinctement relatés dans la plupart des cas. Ils sont le miroir d’une société qui ressemble souvent à la nôtre avec ses accidents quotidiens, même si les voitures ont depuis remplacé les chevaux et si le vagabondage y est plus sévèrement réprimé que la violence conjugale. Sans prétendre à l’exhaustivité, nous avons rassemblé, en ordre chronologique, les faits divers du premier trimestre 1908 publiés par les deux journaux châlonnais.
Les transformations de Châlons passées au crible

A la veille des élections municipales des 3 et 10 mai 1908, L’Union Républicaine publie sur trois numéros un très long article afin « d’essayer de répondre à ceux des détracteurs de notre ville qui prétendent toujours que l’on ne fait rien ici ».
Un siècle après, l’intérêt historique de cet état des lieux nous permet de mesurer les « améliorations et modifications apportées à notre bonne ville de Chaalons en Champaigne » avant et depuis 1908.

 

Les vitraux de la Cathédrale

Le chanoine Lucot, archiprêtre de la cathédrale de Châlons, fut un artisan actif et un témoin visuel de la restauration des vitraux de la cathédrale de Châlons à la fin du XIXe siècle. Il publia en 1907 une étude complète sur « Les Verrières de la Cathédrale de Châlons ». Le Journal de la Marne de janvier 1908 en tira un article fort intéressant en deux parties dont nous reproduisons ici la première.
 
La Restauration de l’Eglise Notre-Dame

On procède actuellement à la démolition des échafaudages qui masquaient depuis plusieurs mois la façade de l’église Notre-Dame.
Les travaux de restauration sont entièrement terminés. Ils ont redonné à ce merveilleux édifice de l’art roman, son aspect primitif. Les lignes, maintenant pures, nettes, précisent la forme harmonieuse du monument et en accentuent le caractère de grandiose simplicité.
Les travaux, dirigés par M. Genuys, architecte en chef, et M. Gélin, architecte ordinaire des monuments historiques, ont été exécutés, pour la maçonnerie, par MM. Bellois frères ; pour la couverture, par MM. Thierry, frères.
Les vitraux ont été remarquablement reconstitués par MM. Anglade et Bonnot, maîtres verriers à Paris.
UR du 27 janvier 1908
Mgr Latty quitte Châlons

Nommé archevêque d’Avignon en décembre 1907, Mgr Latty laissera son siège épiscopal à
Mgr Sevin en avril 1908. Deux ans après la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 5 décembre 1905, et malgré la cendre avec laquelle la très laïque Union Républicaine couvre très sobrement l’événement, la braise couve toujours. Il est vrai que Mgr Latty, chassé un an plus tôt de son palais épiscopal flambant neuf, a quelques motifs de mécontentements. Son successeur étouffera-t-il ou au contraire attisera-t-il le feu qui couve ?
Petit bulletin religieux


Obsèques
Hier ont été célébrées les obsèques de M. l’abbé Le Conte, décédé à l’âge de 65 ans.
M. l’abbé Le Conte jouissait à Châlons de l’estime générale ; c’était un prêtre selon Jésus-Christ, c’est à dire dédaignant les honneurs et les richesses. Miserabile visu !… Il faisait de sa fortune, considérable nous dit-on, l’usage le plus noble.
Nous saluons respectueusement l’homme de bien qui disparaît. UR du 4 janvier 1908

Par décision de Mgr Latty, Archevêque d’Avignon, chargé de l’administration du diocèse de Châlons : M. l’abbé Leisnez, chanoine honoraire, est nommé directeur des œuvres ouvrières et de jeunesse en remplacement de M. l’abbé Le Conte, décédé. JdM du 19 janvier 1908

Dépêches téléphoniques
De Rome – Le pape souffre d’une légère indisposition. JdM du 19 janvier 1908

Départ de M. Latty
M. Latty, ancien évêque de Châlons, récemment promu archevêque d’Avignon, a quitté Châlons cet après-midi, à 2 H 55, se rendant dans son nouveau diocèse.
Il a été salué à son départ par une centaine de fidèles. M. Burgert, commissaire de police, et six agents assuraient l’ordre, qui d’ailleurs ne fut aucunement troublé.
UR du 23 janvier 1908.

Châlons en 1860 Châlons vers 1908
ci-contre : projet d’agrandissement de Châlons en 1877
Projet réalisé par M. de La Barre Duparcq, ingénieur en chef, et adopté en Conseil municipal le 9 mars 1877
plans de Châlons conservés à la Bibliothèque Municipale
à Vocation régionale de Châlons-en-Champagne
Châlons, étape touristique ?

En 1908, la gare de Châlons voit passer beaucoup « d’étrangers », des touristes se rendant en Suisse ou dans les Vosges. Comment faire pour qu’ils s’arrêtent pour visiter Châlons et participent à son développement économique et touristique ? L’Union Républicaine propose une solution qui ne deviendra réalité que bien plus tard : la création d'un syndicat d'initiative.
Châlons, l’armée, la République, la Patrie et l’Empire

Ville de garnison, Châlons en 1908 vit au rythme de l’armée et du patriotisme qu’il convient d’inculquer à la jeunesse. Et notamment aux conscrits qui, demain, défendront les frontières de la France et de son Empire colonial. Un empire où, pour l’heure, on combat et on meurt au Maroc. D’où l’organisation d’une grande cavalcade au profit des soldats blessés au Maroc.
 
La manifestation des conscrits de Châlons
Les conscrits châlonnais de la classe 1907 ont manifesté hier leurs sentiments patriotiques et républicains
Suivant une pieuse et réconfortante tradition, les conscrits de notre ville ont été déposer hier une couronne sur la tombe des soldats morts pour la Patrie en 1870-1871.
Mort tragique d’un Châlonnais au Maroc
Une vague de deuil semble s’être abattue sur notre ville. La mort frappe au hasard les têtes les plus proches d’elle comme celles qui en semblent les plus éloignées.
Hier, les dépêches du Maroc signalaient laconiquement la mort du lieutenant Cremadells, du 2è tirailleurs algériens, tombé dans un puits de 18 mètres en coopérant au sauvetage des marins de la Nive.
Naissance de l’école d’infirmière
Châlons – La semaine dernière, Mme la générale Hervé, veuve de l’ancien commandant en chef du 6e corps d’armée, directrice du service d’infirmières volontaires de la Croix-Rouge française, à Casablanca, est venue à Châlons apporter ses consolations à Mme veuve Cremadells dont le fils, lieutenant du 1er régiment de tirailleurs algériens, fut tué devant Casablanca […].
Mme la générale Hervé, qui a assisté le lieutenant Cremadells à son lit de mort, a transmis pieusement à la malheureuse mère la dernière pensée de son glorieux fils.
Mme la générale Hervé a profité de son court séjour à Châlons pour réunir sous sa présidence le comité de la Marne des Dames de la Croix-Rouge.
Dans cette réunion […] on a jeté les bases de la création à Châlons d’un dispensaire de la Croix-Rouge destiné à former des infirmières et ambulancières volontaires […].JdM du 18 février 1908
Grande cavalcade de bienfaisance du 29 mars 1908
organisée par un groupe de jeunes gens châlonnais au bénéfice des soldats français blessés au Maroc.
Programme :
1. Les Mousquetaires (fanfare de trompettes)
2. Groupe cycliste
3. char de la défense
4. char de la Musique
5. char acrobatique, groupe d’Hercules.
6. Les « Ramasse-tout »
7. char du Charlatan
Cavaliers, cyclistes, quêteurs, artisans, pages, seigneurs, etc. feront escorte tout le long du parcours. A 1 h. ¼, réception à la gare de la fanfare de « Fouilly-les-Nounous » qui vient prêter son gracieux concours à la cavalcade de Bienfaisance. Départ de la cavalcade à 1 heure ½, avenue de Paris.
JdM du 29 mars 1908
 
Brrr ! Quel hiver !...

L’hiver 1908 fut particulièrement froid et alimenta la chronique de l’Union Républicaine des joies des patineurs et des malheurs des mariniers.

Le froid et l’espoir des patineurs
Cette nuit, le thermomètre est descendu à 15 degrés au-dessous de zéro.
Brrr ! !… Aussi, le bassin du canal latéral, au Jard, était recouveret d’une couche assez mince, il est vrai, mais qui s’épaississait suffisamment pour donner satisfaction aux nombreux amis du patin, pour peu que le froid continue avec la nouvelle lune qui commence aujourd’hui. Espérez donc, Messieurs les patineurs ! UR du 4 janvier 1908
 
Les gad’zarts se mutinent

En février 1908, les gad’zarts de Châlons se mutinent par solidarité avec un de leur camarade licencié. Celui-ci est accusé d’avoir jeté un boulon de deux kilos (!) sur un surveillant, ce que les mutins contestent. Le Préfet doit réquisitionner l’armée pour les mater. La presse nationale s’empare du dossier et pointe du doigt les méthodes disciplinaires de la hiérarchie de l’Ecole. Un bagne, selon les mutins. Un paradis, selon l’Union Républicaine.

Le Mardi-gras à Châlons
Hier mardi, l’affreux et épais brouillard qui régnait dans la matinée s’étant enfin dissipé pour faire place à un ciel moutonné avec de nombreuses éclaircies, la ville a repris tout de suite son aspect des jours fériés.
Le goût du travestissement n’a encore pas dit son dernier mot à Châlons ; témoins les trois douzaines de masques qui ont parcouru nos rues à la grande satisfaction des bambins...

 

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