Histoires chaalonnaises
Tous les numéros et livres publiés depuis 1991...
S'abonner, commander d'anciens numéros ou des livres
 
 


 

Voir aussi nos
 pages de présentation

Extraits du sommaire

 

Ce hors-série se compose de 10 nouvelles. Il est disponible en deux versions : une classique (86 pages) et une pour malvoyants (112 pages). Reliure spirale.

 

Une autre histoire de la fille sauvage
Le savetier et la pucelle
Le chien et le mouton
Les fillettes du prévôt
Alfred, le mouton libre
Conte d’apothicaire
Qui a peur du grand méchant loup ?
L’affaire du pain noué empoisonné
Une truie au gibet
Ysabeau de Chaalons
 

Ce numéro fait l’objet d’un tirage limité. Il est disponible  au prix de 12,50 € dans nos points de vente habituels. et sur commande

Pour vous abonner ou commander d'anciens numéros, rendez-vous sur notre boutique virtuelle
 

 

 
Présentation
par Bruno Malthet

 

Préface

Mettre en scène l’Histoire locale n’est pas chose aisée. Comme d’autres après lui, Louis Grignon s’y était attelé, avec bonheur, à la fin du XIXe siècle. Ses nouvelles, parues dans le Journal de la Marne, ont attendu plus d’un siècle avant d’être réunies par Sabine Schepens dans le premier ouvrage publié en 1995 par les éditions du Petit Catalaunien Illustré. Lorsqu’elle s’attela à cette tâche de copiste, elle ne se doutait pas qu’elle venait de contracter, sans le savoir, un virus dont on ne se défait pas si facilement, si tant est que l’on puisse l’éradiquer ! L’incubation terminée, il se manifesta un jour avec une histoire de loup que mes recherches dans la presse locale m’avaient fait découvrir par le plus grand des hasards. Elle tenait en quelques lignes coincées entre d’autres informations, sans titre ni accroche journalistique. « ça m’intéresse ! », me dit-elle lorsque je lui en parlai. Je lui confiai donc une copie numérique de l’article paru en 1809 dans le Journal de la Marne, très curieux de savoir ce qu’elle allait bien pouvoir en faire...

Pour lire la suite...

Une autre histoire de la fille sauvage

Mon bien cher frère,

Nous voici enfin installés dans cette bonne ville de Hollande où tout est calme et policé. Mon époux, Monsieur l’Ambassadeur, est rarement présent et comme vous pouvez l’imaginer, je m’ennuie. Je songe souvent à votre Champaigne et aimerais avoir de vos nouvelles. Que se passe-t-il là-bas ? ...

Le savetier et la pucelle

Le jeune savetier est à peine entré dans l’échoppe que Maître Jacquemet le gourmande : « Qu’as-tu donc fait malheureux ! » Tout en mettant son tablier, Colin l’interroge du regard.
« Tu fréquentes la fille de ce gredin d’Eloy Peuthomme. »...

Le chien et le mouton

Dans la vaste plaine pouilleuse champenoise, un jeune berger faisait paître le troupeau d’un riche fermier. Les jours s’écoulaient paisiblement. Aux beaux jours ses moutons broutaient le tapis de fleurs bleues du serpolet mêlées à celles des hurlus blanches. Lui, il gardait ses moutons en jouant de la flûte et la vie suivait son cours. Son seul compagnon était un chien au doux pelage noir et blanc...

Les fillettes du prévôt

Oye, oye, bonnes gens ! En l’an de grâce 1436, en ce jour de Saint-Jean-Baptiste, Monseigneur le comte évêque pair de France, Jean de Sarrebruck, ordonne : « pour réparation du grand dérèglement et désordonnement qui pour lors étoit en ostelleries, tavernes, bains et estuves dudit Chaalons sur le fait du péché de corpus et de luxure, et du jeu de dés, feroit défenses par cry général que de là en avant nul tavernier, ostelier, bainneux ou estuveux ne logerait ou hébergerait aucune fillette ou joueur de dés et que ces dites fillettes portassent leurs demeurances hors des rues publiques et communes dudit Chaalons...

Alfred, le mouton libre

Par une belle journée de printemps, alors que le troupeau paissait paisiblement l’herbe fleurie du savart, Alfred décida de prendre la poudre d’escampette. Il avait mûrement réfléchi cette décision. Depuis quelques temps, il s’éloignait un peu plus tous les jours pour essayer de voir ce qu’il y avait au-delà de cette étendue plate qu’il ne connaissait que trop. A chaque fois il avait été ramené vers les siens par ce grand chien à la pelisse noire et blanche qui veillait sur chacune des têtes...

Conte d’apothicaire

La veuve Theuveny avait vite séché ses larmes et rangé ses mouchoirs en dentelle. Son apothicaire de mari lui avait laissé une épicerie et deux serviteurs. Sa maladie, qui l’avait emporté rapidement, ne lui avait pas donné le temps de régler ses affaires en faisant passer l’examen d’apothicaire à son second. Selon les règles de la confrérie des apothicaires-épiciers de Chaalons, la veuve pouvait tenir boutique avec un « serviteur suffisant » examiné par les maîtres jurés. Si elle avait eu un enfant en âge d’exercer celui-ci n’aurait eu qu’à montrer qu’il était capable d’élaborer une composition à usage interne. N’en ayant pas, elle devait à tout prix faire venir les maîtres jurés pour vérifier les connaissances d’un de ses serviteurs si elle voulait poursuivre le commerce de son défunt mari...

Qui a peur du grand méchant loup ?

Assise autour d’un grand feu éclairant les visages inquiets, la famille s’est réunie pour se donner du courage. Dehors le vent hurle avec les loups. La neige tombe, la lune s’est noyée dans le ciel. Par moment on entend des coups dans la porte, aux volets. Quelqu’un, quelque chose essaie d’entrer. Alors on chante pour se réchauffer le cœur, on raconte des histoires drôles, des blagues mais à chaque coup, à chaque hurlement, tout le monde se tait. Une nuit blanche de neige, une nuit blanche de sommeil, car comment dormir lorsqu’on entend les loups à sa porte ? Nous sommes en Champagne...

L’affaire du pain noué empoisonné

« L’affaire du manouvrier de Pogny ? Le jugement du tribunal du baillage de Chaalons a été confirmé par un arrêt de la Cour du parlement. Loret sera pendu et étranglé jusque mort s’en suive. La potence sera plantée comme d’habitude sur la place du marché de Chaalons, dit M. Delestrée, conseiller du roi, lieutenant assesseur civil et criminel au baillage et siège présidial de Chaalons. « Et puis, ce n’est pas fini, son corps sera jeté dans un bûcher ardent dressé au même endroit pour y être réduit en cendres et ses cendres seront jetées au vent !  La condamnation sera exécutée le premier octobre prochain. » ...

Une truie au gibet

Soudain, on entend un hurlement. Le cheval hennit, se cabre. Le cavalier, après avoir remis sa monture sur ses quatre jambes, s’arrête et essaie de voir d’où vient le cri. Il voit les gens se diriger tous dans la même direction et les suit. Il manie son épée pour écarter les badauds qui s’écrient « faites place, c’est le vidame ». Il s’approche. Une femme hurlant tient à la main un bébé déchiqueté. Le cavalier descend de son cheval. Un homme crie en pointant le doigt : « c’est elle ! ». Le vidame se retourne pour voir qui l’homme désigne. Une truie !...

Ysabeau de Chaalons

Le chien a ouvert les yeux et dressé la tête. L’aînée des deux petites filles a aussi entendu ces bruits de sabots sur le pavé du Vidamé. Enfin le secrétaire du vidame apparaît à la porte, s’approche de Jean et l’aide à se mettre debout. Ils disparaissent alors dans la grande pièce. La nourrice descend aux cuisines avec Marguerite et Ysabeau dans les bras espérant avoir des nouvelles. Elles y trouvent les domestiques assis, la mine triste. La grosse Margot pleure au-dessus des épluchures. La nourrice s’approche et pose la main sur son épaule.
« Margot, que se passe-t-il ? »
« Monseigneur a été assassiné ». La nourrice pousse un cri et prend appui sur la table pour ne pas tomber.
« Mon Dieu ! mais… » ...

 
 
 
 

.

 

 

© 2013 Association Nouvelle Catalaunie
Tous droits de reproduction et de représentation réservés