
Ce numéro
hors série, qui fait lobjet dun tirage limité,
est proposé en souscription jusqu'au 8 décembre
2001 au prix de 10 (65,60 F) avec, en cadeau, un second
numéro hors série de 12 pages offrant un panorama
intégral des dix années du Petit Catalaunien Illustré,
décidément toujours aussi Châlonnais,
et fier de lêtre quà ses
débuts.
Bon
de commande |
Avec ses Histoires
de Catalaunie, Roger Canard nous fait revivre lhistoire
bimillénaire de Châlons-en-Champagne. Il captive
ses lecteurs dun bout à lautre. Il les invite
à le suivre depuis ce petit matin de la fin du IIIème
siècle où il fait revivre le circitor Furius Antoninus,
dont la stèle funéraire est exposée au Musée
municipal de Châlons, défendant lantique Catalaunum
des invasions barbares. Il les maintient en haleine jusquà
cette fin de XXème siècle où il ouvre pour
en percer le mystère une bien étrange fenêtre
donnant sur la rue Léon Bourgeois. Entre temps, il leur
livre dix-sept siècles de lhistoire des Châlonnais
et de leurs monuments. De quoi avoir envie de lui dire, comme
Jean-Pierre Ravaux, conservateur des musées de Châlons
: "Roger Canard, racontez-nous Châlons !". Et de lire
ce premier "Petit
Canard Illustré"...
Il sappelait
Furius Antoninus, il était
circitor - Un saint convoité - La
chaire à prêcher
de Saint-Bernard - Délits à Notre-Dame : le transept inachevé - Un
miracle à Notre-Dame-en-Vaux
- Les compagnons de Notre-Dame -
Une leçon de morale dans un vitrail
- La messe des fous -
Thibaut, berger
de Champagne,
et les vierges folles - Si vis pacem, para bellum - La triste fin de la confrérie
de larquebuse - Requiem
pour une tête - LIvard de la GrandBau - La fenêtre - Médication
en guise d'épilogue |
Raconte-moi
Châlons !
Cest la demande adressée
à un grand-père par sa petite-fille. Et le grand-père
avait toujours une histoire à raconter. Mais une histoire
qui se déroulait dans cette ville mythique qui a pour
nom Châlons-en-Champagne. Souvent, on peut encore en trouver
les traces dans le paysage urbain, ce qui permettait daller
voir sur place le chardonneur, ou les volets qui ne souvrent
jamais...
Nest-ce pas là une façon
intelligente et passionnante de découvrir sa cité
? Douvrir les yeux pour voir les mille détails singuliers
dont nos ancêtres châlonnais lont parsemée
au cours des siècles, et devant lesquels les hommes du
XXème siècle passent sans leur prêter attention
? Ces détails qui font que Châlons-en-Champagne
est une cité pleine de charme, et non un univers de verre
et de béton sans âme !
Et qui mieux que Roger Canard connaît ces mille détails
de la ville ? Et qui mieux que lui saurait les raconter ?
Bien sûr, il ne sagit pas dune histoire complète,
avec références, bibliographie, notes de bas de
pages, qui font les histoires sérieuses ... et ennuyeuses.
Je soupçonne même Roger Canard (mais ne lui répétez
pas !) davoir parfois un peu transformé certains
détails, afin de les rendre un peu plus compréhensibles,
et un peu plus passionnants pour son jeune auditoire. Mais nétait-ce
pas inévitable ? Car il sagissait dintéresser
à lhistoire.
Alors on se prend à rêver de redevenir un petit
enfant pour découvrir cette cité merveilleuse avec
des yeux neufs, et de pouvoir dire nous aussi : Roger Canard,
racontez- nous Châlons !
Jean-Pierre Ravaux
conservateur des musées de
Châlons-en-Champagne
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Le Petit
Canard Illustré
Depuis sa naissance châlonnaise,
Roger Canard na cessé de découvrir la Catalaunie
dans ses moindres détails, au point den tomber littéralement
amoureux et de vouloir faire partager cette passion dévorante
à ses enfants, puis à ses petits-enfants et enfin
à ses amis, à travers ses Histoires de Catalaunie,
dont quelques unes ont déjà été publiées
dans les colonnes du Petit Catalaunien Illustré ou dans
le bulletin des Amis du Vieux Châlons.
Combien en a-t-il écrites ?
Jen avais dénombré une bonne quarantaine,
mais Roger Canard les estime à 120 ! Une seule certitude
: elles sont toutes semblables à un puits où chacun
peut venir jeter son seau afin dy puiser à la source
claire et limpide de lhistoire de Châlons-en-Champagne.
Nous en avons sélectionné
quatorze dans ce premier recueil qui, au fil des ans, devrait
être suivi par dautres. Roger Canard a emboîté
le pas à Louis Grignon, cet autre Châlonnais dont
nous avions réuni et publié en 1995 les nouvelles
à fond historique sous le titre de Les chausses
de Jehan de Soudron .
Bruno Malthet
Président de l'association
Nouvelle Catalaunie
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Il
sappelait Furius Antoninus,
il était circitor
Depuis trois siècles,
lantique Catalaunum, fondée vers 20 avant Jésus-Christ
sur lune des îles de la Marne traversant la vaste
plaine de Catalaunie,
est un point de passage stratégique. La garnison romaine,
sous les ordres de son circitor Furius Antonius, y défend
le passage de la grande voie qui va de
Rome à Boulogne par Milan contre les menaces des barbares.
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La stèle de Furius Antoninus
conservée au Musée municipal |
Saint Memmie (Musée municipal) et son
abbaye |
Un
saint convoité
La chrétienté médiévale
était très friande de reliques. Réputées,
elles attiraient les grâces divines et surtout les largesses
des fidèles sur léglise les vénérant.
Doù souvent les convoitises des voisins, comme celles
en 1066 de lévêque de Châlons Roger
III sur les reliques de Saint Memmie, premier évêque
de la ville.
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La
chaire à prêcher
de Saint Bernard
En lan de grâce 1147,
Saint Bernard prêche la deuxième croisade au grand
Jard de Châlons. Sa chaire à prêcher sera
pieusement vénérée des siècles durant
jusquà ce quelle tombe sous les coups de pioche
dun intendant de Champagne iconoclaste.
ci-contre : plan du Jard avec l'emplacement
de la chaire à prêcher
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Délits à Notre-Dame
«Sans le Maître, point de chef-duvre»,
dit un proverbe du compagnonnage ouvrant cette nouvelle intitulée
« Le transept inachevé» de Notre-Dame. Lapparent
désordre actuel du transept a pour origine les circonstances
de sa reconstruction après son effondrement en 1157 pour
cause de délits. Ci-contre
: transept sud de Notre-Dame.
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Un
miracle à Notre-Dame-en-Vaux
En lan de grâce 1162, le
chantier de Notre-Dame est en panne. Les maçons quittent
le chantier les uns après les autres. Quand survint un
grand gaillard à la longue chevelure dont lintervention
miraculeuse a été racontée de génération
en génération. Ci-contre
: tête de Christ du jubée de Notre-Dame (Musée
municipal)
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Notre-Dame et ses 4 flèches avant
la Révolution. Lithographie de Barbat (Musée municipal) |
Les compagnons de Notre-Dame
Le 29 août 1322, léglise
Notre-Dame-en-Vaux est consacrée par Pierre de Latilly,
évêque de Châlons. Lédifice vient
tout juste dêtre coiffé par les compagnons
du Devoir de ses quatre élégantes flèches
de plomb qui sélèvent dans le ciel de Catalaunie
telle une prière.
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Une
leçon de morale dans un vitrail
Notre-Dame-en-Vaux, classée au patrimoine
mondial par lUnesco, recèle bien des trésors.
Roger Canard, fin connaisseur du patrimoine châlonnais,
nous invite à y découvrir une des merveilleuses
histoires écrites dans ses verrières. Il nous fait
suivre le chemin des pèlerins empruntant la route de Saint-Jacques
de Compostelle.
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Le jugement de la chambrière,
détail du vitrail, Notre-Dame-en-Vaux |
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La messe des fous
Jusquà la fin du XVIème siècle avait
lieu tous les ans la fête des fous donnant lieu à
des extravagances jusquen léglise cathédrale
de Châlons. Roger Canard a suivi un jeune paysan découvrant
la messe des fous qui y était donnée.
Ci-contre : le livre des fous, incunable, Bibliothèque
municipale de Châlons
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Thibaut, berger de Champagne,
et les vierges folles
Cette histoire sest passée
il y a bien longtemps dans la grande plaine champenoise, cette
grande plaine crayeuse, mystérieuse, mélancolique
et douce qui déroule ses ondulations monotones jusquà
linfini, comme une page de temps. En ce temps-là
donc, Thibaut sen retourne chez lui après la foire
de la Saint-Martin dhiver.
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Bergers et moutons, imprimé à
Troyes en 1530 par Nicolas le Rouge |
 
Le bastion d'Aumale en 1800 et en 2000 |
Si
vis pacem, para bellum (Si tu veux
la paix, prépare la guerre)
En 1542, lempereur Charles-Quint
sapprête à envahir la Champagne. Sous limpulsion
du duc dAumale, Châlons-en-Champagne renforce ses
fortifications et se prépare à résister
avec bravoure. Mais, jugeant la place imprenable, lempereur
préfère contourner la ville par le nord et se diriger
vers Epernay sans livrer bataille en Catalaunie.
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La
triste fin de la
confrérie de larquebuse
La compagnie de larquebuse faisait
la gloire et la force de Châlons-en-Champagne depuis 1357
quand, en 1790, sa dissolution est ordonnée. Car Il
y a des services si grands quon ne peut les payer que par
lingratitude, écrivait Alexandre Dumas. Ci contre : arbalétrier (XIIIe s.) et
arquebusier (XVIe s.)
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Requiem
pour une tête
Sa tête fut inhumée à Saint-Alpin, son corps
à Recy. Roger Canard nous conte la tragique fin du Sieur
Chanlaire qui ne commit dautre crime que de ne point entendre
le salut de fraternité que lui adressèrent des
sans-culottes de passage à Châlons.
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Le moulin Morel à Châlons
(Centre de Formation des apprentis) |
LIvard de la GrandBau
Sous le vent qui balaie la vaste plaine de Catalaunie tournent
les ailes du moulin de Maître Guillaume et sagitent
les branches de lIvard de la GrandBau qui, jusquau
siècle dernier, accueillait les désespérés.
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Le moulin Picot à Saint- Memmie
subira-t-il le sort de celui de M° Guillaume ? |
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une étrange fenêtre au
51 rue Léon Bourgeois s'ouvrant sur un mur de craie |
La Fenêtre
Quand on pense aux immenses services
que rendent les fenêtres aux amoureux, il semble naturel
den faire lobjet dune contribution !
Honoré de Balzac. Il fut un temps où, lorsque jempruntais
la rue Léon Bourgeois, précédemment rue
Saint-Jacques, je rencontrais souvent, se tenant debout sur le
trottoir, un jeune garçon qui fixait attentivement le
deuxième étage de limmeuble en face duquel
il se postait.
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Médication
en guise dépilogue
Roger Canard a insisté auprès
de notre rédaction pour lever le voile sur la médication
utilisée par le vieil hermite pour soigner Furius Antoninus,
circitor dont la nouvelle ouvre ce numéro hors série.
Car, précise-t-il en citant Alexandre de Humboldt, «
noublions pas que toutes les croyances populaires même
les plus absurdes en apparence, reposent sur des faits réels.
En les traitant avec dérision, on peut perdre la trace
dune découverte ».
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Roger Canard : "Excusez-moi,
mais je dois interrompre ce petit récit : je suis assis
déjà depuis un bon moment et mes vieilles jambes
sont ankylosées...". |
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Nous laisserons donc, pour lheure,
à notre ami Roger Canard un petit répit (bien mérité)
avant de le laisser reprendre la suite de ses nouvelles dans
les prochains numéros du Petit Catalaunien Illustré
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