Quel périmètre pour la ZPPAUP ?
Le choix dun périmètre
continu ou discontinu pour la zone de protection du patrimoine
architectural, urbain et paysager sera tout, sauf anodin.
Le centre ancien de Châlons est inclus dans un site
inscrit disposant dun cahier de recommandation.
De nombreux autres secteurs extérieurs au site inscrit
justifieraient une protection, quils soient :
¨urbains (secteur de la gare, avenue de Paris, Chanzy-Forgeot,
avenues de Metz, de Gaulle et des Alliés...)
¨ou paysagers (jard Jacquesson, zones vertes entre Marne
et voies SNCF...).
Leur rattachement au site inscrit dans le cadre dune
ZPPAUP doit-il être réalisé dans une zone
continue, avec création de nouveaux secteurs renforcés,
ou peut-il saccomoder dune discontinuité géographique
permettant, entre les secteurs protégés, aux élus
dautoriser aux architectes et bétonneurs de développer
sans contrainte leurs art et projets immobiliers ?
Un choix qui sera tout sauf anodin.
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. |
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Le site inscrit
Le site inscrit de Châlons-en-Champagne correspond approximativement
à la ville historique délimitée :
au nord par les avenues de Valmy et de Sainte-Ménehould,
à lest par la rue du Général-Féry
et le boulevard Emile-Zola,
au sud par les allées Paul-Doumer et Voltaire,
lavenue du Général-Leclerc et la rue de lIndustrie,
à louest par le canal latéral à
la Marne.
Les secteurs renforcés
Les conseils du cahier de recommandations urbanistiques et
architecturales du Centre ancien sont modulés suivant
limportance et lintérêt des différentes
parties du tissu urbain. De là, découle la création
de secteurs appelés «renforcés» exigeant
une attention et un soin particulier dans toutes les actions
à entreprendre :
1. secteur vieille ville,
2. secteur Notre-Dame-en-Vaux / Léon-Bourgeois,
3. secteur Saint-Loup / Arquebuse,
4. secteur Saint-Jean / Jean-Jacques-Rousseau.
Le cahier de recommandations
Le cahier de recommandations urbanistiques et architecturales
du Centre ancien est une annexe documentaire du Plan dOccupation
des Sols contenant des conseils quil est recommandé
aux pétitionnaires et architectes de suivre, que la Ville
peut leur imposer mais quelle oublie généralement
de faire. |

le site inscrit et ses secteurs renforcés
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Introduction
au débat
Pour introduire le débat de notre assemblée
générale, nous publions trois compte-rendus : celui
du conseil municipal du 25 mars ayant mis la ZPPAUP à
létude, et ceux de la commission durbanisme
ayant auditionné sur le PLU lordre des architectes
le 2 décembre 2003 et les associations le 22 janvier 2004.
Nous publions aussi la carte et la définition du site
inscrit du centre ancien de Châlons, sensé le protéger
avec un cahier de recommandation. Sa transformation en cahier
des charges sera au centre des enjeux de la ZPPAUP dont le périmètre
reste à définir. |
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ZPAUP :
Une protection à petits
pas comptés
Le Conseil municipal a décidé dengager
la ville de Châlons-en-Champagne dans le processus de création
dune zone de protection du patrimoine architectural, urbain
et paysager (ZPPAUP). Enfin ! , serions-nous tenté
de dire, en mettant toutefois un bémol à notre
premier réflexe de satisfaction que lannonce de
cette décision a suscité.
Porté depuis 2001 par les associations de défense
du patrimoine, le débat sur la création dune
zone de protection du patrimoine est entré dans une nouvelle
phase, active et publique, avec le vote du conseil municipal
du 25 mars 2004.
Pour lassociation Nouvelle Catalaunie, ce dossier est
indissociable de la procédure en cours de révision
du plan durbanisme, lactuel plan doccupation
des sols ayant montré ses limites en matière de
protection du patrimoine. Malgré un unanimisme de circonstance
lors du vote de la délibération, ce lien est loin
dêtre admis par tous. Nos adhérents et abonnés
pourront en juger en prenant connaissance, dans lencart
joint à ce numéro en vue de la préparation
de notre assemblée générale, des trois premiers
temps forts de ce débat : le conseil municipal du 25 mars
et les deux réunions de consultation, sur le plan local
durbanisme, des associations et des architectes.
A la lecture de la délibération du conseil municipal
et à laudition des débats de nos élus
sur le site internet de la ville, la démarche municipale
manque singulièrement denthousiasme. Elle adopte
volontairement un train de sénateur pour se laisser plus
facilement distancer par la révision du plan local durbanisme,
avec lequel elle ne fait pas le lien, au lieu de le rattraper
et de léclairer.
La démarche paraît avoir été engagée
de manière contrainte pour faire taire les critiques des
associations de défense du patrimoine que, au demeurant,
le projet de délibération ignorait royalement dans
sa phase de concertation.
Au sein du conseil municipal, le débat a fait apparaître
une ligne de partage qui dépasse le traditionnel clivage
gauche - droite et traverse les deux camps. En filigrane, on
y découvre que ceux qui se passeraient bien de la mise
en place dune zone de protection du patrimoine nosent
pas le dire franchement. Ils ny sont donc «pas opposés»
mais laissent transpirer leurs réserves en voulant mettre
des garde-fous devant les garde-corps prévus par les textes.
Cette grande frilosité de la majeure partie de la majorité
municipale, rejointe par lopposition socialiste, renvoie
aux critiques émises par lordre des architectes
vis à vis des règles actuelles du plan doccupation
des sols. Nos hommes de lart aimeraient bien les voir disparaître.
La protection du patrimoine leur apparaît en effet comme
un frein à leur créativité, aux besoins
de leurs clients et à leur vision de lurbanisme
du IIIème millénaire.
Faut-il pour autant du passé faire table rase ? Ardents
défenseurs dune nouvelle Catalaunie respectueuse
de son histoire, nous ne le pensons pas.
Si le débat autour de la ZPPAUP ne fait que commencer,
son calendrier est son principal point faible au regard de la
révision en cours du plan doccupation des sols en
plan local durbanisme (PLU). En ne permettant pas à
la ZPPAUP de rattraper son retard sur ce grand chantier quest
le PLU, la ville met sciemment la charrue devant les bufs.
Certes, comme la expliqué le premier adjoint,
les règles de la ZPPAUP simposeront au PLU qui ne
pourra être en contradiction avec elles. Mais en commençant
par fixer les règles du PLU, on inverse nécessairement
les données du problème. Quand on connaît
les lourdeurs en tout genre que représente toute révision
partielle dun plan durbanisme, on peut légitimement
craindre que la tentation sera grande, au moment de fixer les
règles de la ZPPAUP, de les subordonner à celles
déjà retenues par le PLU.
Ce serait alors la création a minima dune ZPPAUP
qui, tout en affichant la nécessité de protéger
notre patrimoine, ne réglerait en rien les critiques qui
sont les nôtres sur les insuffisances actuelles du POS.
Celles-ci découlent de lexistence dun cahier
de recommandations urbanistiques que nous aimerions voir se transformer
en cahier des charges tandis que dautres voudraient le
voir disparaître.
Doù, notamment, notre insistance pour que létude
de la ZPPAUP soit intégrée dans celle du PLU.
La prochaine assemblée générale de lassociation
Nouvelle Catalaunie sera loccasion de poursuivre ce débat
avec nos adhérents.
Bruno Malthet
Président de lassociation
Nouvelle Catalaunie
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Débat municipal :
Entre
frilosité et conviction
Le débat du conseil municipal du 25 mars
2004 autour de la mise à létude dune
zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager
est accessible sur le site internet de la ville. Nous publions
une synthèse analytique et chronologique de ce débat
qui, au delà de lunanimité du vote, fait
apparaître un très net clivage entre
la frilosité des uns et la conviction des autres..
Avec la prudence dun Sioux qui marcherait sur des ufs,
Bruno Bourg-Broc, Député-Maire, a présenté
le projet consistant, pour lheure, à faire appel
en 2005 à un architecte pour étudier le périmètre
et les conditions délaboration de cette zone de
protection. Cette étude devra permettre au Conseil municipal
de confirmer ou non sa décision de créer une ZPPAUP
avant de la présenter à la commission régionale
du patrimoine et des sites puis de la soumettre à lenquête
publique préalable à son adoption définitive
après 2007.
Jean-Claude Rouffignac, parlant au nom du groupe socialiste,
sest dit ne pas [être] opposé à
la mise en chantier dune réflexion sur la ZPPAUP
mais a eu du mal à dissimuler sa méfiance en demandant
dêtre très attentifs aux contraintes
que la délimitation de cette zone risque dapporter
à lévolution de notre ville . Car,
insista-t-il, il est très important de ne pas
senfermer dans un cadre trop rigide qui ferait de certaines
parties de la cité un musée darchitecture
. Il souhaite que la ville puisse se transformer
tout en protégeant son patrimoine paysager ,
oubliant au passage, et par deux fois, les volets architectural
et urbain de la zone de protection. Une intervention quaussitôt
le Député-Maire a déclaré
partager point par point .
Puis le débat a changé de tonalité et
sest fait prospectif avec le groupe de la gauche plurielle
qui, rappelle Alain Goze, se prononce sans réserve pour
la
ZPPAUP quelle réclame dans cette enceinte
depuis deux ans . Lélu a demandé
que les associations soient aussi associées, comme le
prévoit le projet de délibération pour les
propriétaires et la population, à la
rédaction du Cahier des Charges lors des réunions
publiques dinformation et de concertation .
Ce à quoi Mme Vasseur, adjointe à lurbanisme,
lui répondra plus tard quelle pensait avoir
lu quelque part que les associations seraient consultées
et quelles se sont du reste déjà
exprimées sur ce point dans le cadre de la révision
du PLU .
Sur le fond, Alain Goze a insisté sur le fait quil
est indispensable dinscrire dans la délibération
que les travaux de la ZPPAUP se feront en concertation, en lien
et en étroite complémentarité avec le PLU
dont les travaux de révision sont dans leur phase active.
Ce qui nécessite de revoir la gestion du temps
puisque le financement de létude sur la ZPPAUP
est prévue de 2005 à 2007, doù la
nécessité dune révision
globale du PLU intégrant la ZPPAUP .
Pour René Doucet, premier adjoint, une telle démarche
en étroite correspondance est une évidence, mais
le calendrier nest pas tout à fait le même
car le PLU sera adopté avant la ZPPAUP qui
doit être précédée dun inventaire
général du patrimoine puis de lélaboration
du projet architectural . Mais ce nest pas pour
lui une difficulté si peu que lon veille
à ce quil ny ait pas contradiction entre les
deux procédures .
Pierre Devarenne, conseiller délégué
au patrimoine, réagit au propos de Jean-Claude Rouffignac,
en estimant que on peut mettre en valeur un patrimoine
dans une ville qui nest pas une ville musée .
Dans la ZPPAUP, le patrimoine est utilisé
pour sa vocation : habitation, bureau
contrairement à
un musée où lobjet na plus sa fonction
. La volonté dune ZPPAUP est claire : elle
est là pour améliorer la protection du
patrimoine et le mettre en valeur afin de rendre le centre ville
plus attrayant . Une prise de position guère
appréciée par Jean-Claude Rouffignac qui a estimé
que M. Devarenne est en contradiction avec M. le Maire
qui sest déclaré tout à fait daccord
avec moi ! .
Ce qui conduisit Bruno Bourg-Broc à recadrer le débat
en insistant sur la nécessité de peser
les tenants et aboutissants de la démarche.
Aussi reprit-il le communiqué de presse quil a publié
avant le conseil et qui prévoit de consulter
les associations . Un communiqué qui, par
rapport au projet de délibération, donne à
lentendre une vision plus dynamique de la démarche
municipale visant à définir le périmètre
de la ZPPAUP à partir du recensement des enjeux patrimoniaux
.
Joëlle Vasseur, adjointe au maire à lurbanisme,
se défend de vouloir interdire les paraboles en centre-ville
et sinterroge sur le caractère continu
ou discontinu que pourrait avoir une éventuelle
ZPPAUP.
Bernard Barberousse, pour la gauche plurielle, insista sur
limportance du dernier des 3 P du sigle :
paysager. Les richesses paysagères sont exceptionnelles
à Châlons et il ne faudra pas les négliger .
Sur les délais de mise en uvre de létude,
il les trouve un peu long, car, comme la dit
Alain Goze, il faut une cohérence avec le PLU .
Et lélu de rejeter largument financier, évoqué
pour renvoyer le démarrage de létude à
2005, comme nétant pas convaincant
avant dannoncer que le groupe de la gauche plurielle demandera
lors du vote du budget supplémentaire de prévoir
un financement pour commencer cette étude à lautomne
2004 . Ce qui, financièrement, est possible,
le compte administratif de 2003 dégageant un excédent
que le budget supplémentaire devra affecter. Reste à
savoir si la volonté politique existe et suivra.
Pierre Devarenne dit partager le point de vue de Bernard Barberousse
sur laspect paysager qui est important, notamment
sur les essences darbres qui ne sont pas les mêmes
en centre-ville et en périphérie et
demande que lon intègre une partie de
la charte de larbre en cours délaboration
dans la ZPPAUP .
Le débat étant clos, la délibération
autorisant la mise à létude dune zone
de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager
a été adoptée à lunanimité.
Sans, pour autant, acter formellement lengagement pris
en séance dassocier les associations à la
concertation quelle prévoit.
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Architectes et PLU :
Vive
la folie douce !
Si nos élus écoutaient les architectes châlonnais,
ils supprimeraient dun trait de plume toutes les règles
actuelles de protection du patrimoine prévues par le plan
doccupation des sols. Le génie créatif de
nos hommes de lart pourrait alors sexprimer pleinement
afin dagrémenter le centre ancien de nouveaux chefs-duvre
susceptibles de rivaliser daudace avec le bientôt
feu CHV et lencore omniprésent blockhaus de Pierre
Dac
La commission durbanisme a reçu les architectes
châlonnais le 2 décembre 2003 dans le cadre de la
révision du plan local durbanisme de Châlons-en-Champagne.
La veille, lordre des architectes sétait réuni
pour définir ses objectifs et préparer toute une
série dobservations et de suggestions sur lactuel
plan doccupation des sols. Le libéralisme outrancier
qui se dégage de la lecture du compte-rendu de ces réunions
est manifestement aux antipodes des exigences des associations
de défense du patrimoine.
Les objectifs que se sont assignés les architectes
visent à supprimer de la réglementation
tous les articles faisant appel à la subjectivité
des élus et des instructeurs , ainsi que tous les
critères esthétiques . Larchitecte
des bâtiments de France ne serait consulté que
dans les sites historiques , les autres zones étant
dévolues à larchitecte conseil relevant de
la profession. Pour atteindre ces objectifs, les architectes
entendent bien simpliquer et participer au groupe de travail
qui aura la charge de rédiger le PLU.
La bible des architectes se résume aux codes civil
et de lurbanisme qui seuls devraient régenter limplantation
des constructions par rapport aux voies, emprises publiques et
limites séparatives. Sagissant des hauteur des constructions,
lordre des architectes lance un provoquant A vos
suggestions... qui en dit long sur leur vision de
la ville, domaine de la verticalité par
excellence.
Avançant plus avant dans ses propositions, lordre
se prononce pour la suppression de larticle UA 11-1 du
POS sur lequel sappuyaient, entre autres, les recours de
lassociation Nouvelle Catalaunie contre les permis de construire
du CHV. Cet article prévoit que le permis de construire
peut être refusé ou nêtre accordé
que sous réserve de lobservation de prescriptions
spéciales si les constructions, par leur situation, leur
architecture, leurs dimensions ou laspect extérieur
des bâtiments ou ouvrages à édifier sont
de nature à porter atteinte au caractère ou à
lintérêt des lieux avoisinants, aux sites,
aux paysages naturels ou urbains ainsi quà la conservation
des perspectives monumentales .
Accéder à une telle demande reviendrait à
renoncer à toute protection du site inscrit du centre
ancien de Châlons-en-Champagne que les associations de
défense du patrimoine veulent au contraire étendre
pour créer une zone de protection du patrimoine architectural,
urbain et paysager !
Car, manifestement, pour nos architectes, du passé
il nous faut faire table rase. Comment expliquer autrement leur
demande de suppression de larticle UA 11-2 précisant
que Dans le cas de regroupement de parcelles, la nouvelle
construction doit refléter dans sa volumétrie les
partages du passé ? Et du suivant disposant que
les proportions des nouvelles constructions doivent
sharmoniser avec celles du bâti ancien
sur
le principe de proportions liées au rapport plein/vide
de 1/1, 2/1, 3/1 qui est le rythme des ouvertures par rapport
à leurs intervalles horizontaux ? Pour nos hommes
de lart, nos constructions anciennes correspondent en effet
à des modes de vie désuets normalisés
par le POS et sont antinomiques avec les fonctions des constructions
nouvelles.
Il faut donc aussi en finir avec larticle UA 11-5, qui
permet de sopposer à la création de portes,
de fenêtres lorsque ces ouvertures défigurent larchitecture
ancienne ou quelles marquent une rupture du style du bâtiment,
et avec larticle UA 11-6 qui interdit La réalisation
de portes de garage dans les façades existantes .
Une telle porte a, il est vrai et comme chacun sen doute,
toute sa place dans une façade à colombage ou à
appareillage de craie et de briques !
Surtout, il faut absolument redonner de la couleur à nos
façades dont les revêtements extérieurs,
après avoir subi la grisaille des crépis lépreux
qui caractérisait le centre ancien avant la mise en place
du plan de ravalement, nont droit aujourdhui quà
la couleur pastel (blanc cassé par toutes les couleurs
. Lordre demande donc que lon supprime toutes
références couleurs , ce qui autoriserait
demain, par exemple, des façades rouge vif ou jaune fluo
La modernité des hommes de lart daujourdhui
ne faisant décidément pas bon ménage avec
larchaïsme de leurs aînés des siècles
passés, lordre des architectes suggère de
supprimer les articles faisant référence
à des périodes de larchitecture en
laissant le soin à larchitecte des bâtiments
de France de transmettre ses recommandations .
La référence aux périodes de larchitecture
est, il est vrai, prégnante dans le plan doccupation
des sols rédigé au début des années
quatre-vingt en réaction contre le vandalisme qui détruisit
le vieux Châlons au nom de la modernité.
Ainsi, larticle UA 11-4 interdit les modifications des
détails architecturaux lorsquelles nont pas
pour objet de restituer létat historique
postérieurement endommagé . Larticle
UA 11-8 prévoit lui que les devantures des commerces
doivent sharmoniser avec larchitecture des bâtiments .
Quant à larticle UA 11-13, il oblige sur la place
Foch de restituer le projet originel de 1768.
Pour conclure son cahier de doléances architecturales,
lordre des architectes se devait de demander la levée
de linterdiction des toitures-terrasses. Une position qui,
si elle était retenue, reviendrait à justifier,
a posteriori, lédicule du centre culturel Pierre
Dac aujourdhui privé de permis de construire pour
cause de
toiture-terrasse !
A lire le compte-rendu de la réunion de la commission
durbanisme ayant écouté nos hommes de lart,
la position de lordre ferait lunanimité de
la profession, à une exception près. Un seul architecte
a en effet réagi en précisant quun
secteur sauvegardé serait un véritable booster
pour la mise en valeur du patrimoine . Il sait,
il est vrai, de quoi il parle pour avoir à son actif,
entre autres, le sauvetage et la rénovation de la maison
Clémangis.
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Intégrons
la ZPPAUP dans le PLU
Les associations de défense
du patrimoine ont été auditionnées le jeudi
22 janvier 2004 par les commissions municipales de lUrbanisme
et des Affaires culturelles dans le cadre de la révision
du POS en PLU. En voici la synthèse.
l'attente
des associations
La révision du plan docupation des sols
en plan local durbanisme na de sens que si lobjectif
recherché est de redonner de la cohérence à
une réglementation durbanisme qui doit être
respectueuse de notre passé et être résolument
tournée vers demain sans créer de rupture.
Cette démarche passe inévitablement par la mise
en place concomitante dune zone de protection du patrimoine
architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), et dun projet
daménagement et de développement durable
(PADD) dont nous aurions apprécié avoir, préalablement
à cette réunion, les grandes lignes directrices.
Se faisant la porte-parole des associations de défense
du patrimoine, Nouvelle Catalaunie a donc demandé que
cette ZPPAUP soit engagée dès maintenant, tant
dans le principe que dans les études conséquentes.
Pour nous, les contours de cette ZPPAUP doivent déborder
les limites actuelles du site inscrit (cest à dire,
grosso-modo, le centre-ville) pour englober tout le tissus urbain
antérieur à 1945 ainsi que, outre nos parcs et
jardins publics, les zones paysagères naturelles comprises
entre la Marne et le chemin de fer dune part, le jard Jacquesson
sur la Rive-Gauche dautre part.
Au delà même des limites de cette ZPPAUP, nous
attendons du futur PLU quil sattache à respecter
les perspectives sur nos monuments majeurs, et notamment Notre-Dame,
dont les flèches sont dans laxe des principales
voies convergeant sur Châlons-en-Champagne.
Dans le périmètre du site inscrit, nous attendons
par ailleurs une évolution de la réglementation
sagissant des toitures, de façon dune part
que la pente minimale de toit augmente en fonction du nombre
détages autorisés ; dautre part que
lon travaille sur lesthétique des toits visibles
et donc de leurs tuiles.
Nous avons demandé en outre quil soit procédé
à un recensement des logements du centre-ville ne disposant
pas dun parking. Le problème du stationnement devra
être, à notre sens, réglé dans le
PADD.
Nous avons conclu ce propos préliminaire en espérant
que cette réunion ne serait pas la dernière et
quelle serait suivie dune véritable concertation.
premières
discussions
En réponse, Mme Vasseur, adjointe au maire
en charge de lurbanisme, nous a précisé quaucune
grande orientation nest, à ce jour, définie
et quil y aura une nouvelle consultation sur la base dun
projet. Elle a ajouté que la réflexion sur la ZPPAUP
arrivait à son terme et quon en parlera dici
quelques mois. Mais quil sagit là dune
autre procédure que le PLU, objet de la réunion.
Le débat qui a suivi a porté autour du stationnement,
dune éventuelle déréglementation du
POS et du cahier de recommandation (hostilité des associations),
des hauteurs des constructions neuves en centre-ville (à
limiter en fonction des immeubles environnant), des limites de
linterventionnisme de la ville sur les couleurs, des mises
à jour des pans de bois (nous demandons une plus grande
incitation quand ça en vaut la peine), des enseignes (réglementation
non respectée) et paraboles (faut-il attendre la télé
numérique par adsl ?), des portes de garage, des entrées
de ville et du centre-ville, des pentes de toit et toits terrasses...
Lorsque le PLU sera écrit noir sur blanc, il y aura
relecture. Lagence durbanisme a exprimé le
souhait quune des associations y participe. Le PADD sera
présenté dans ses grandes lignes aux conseils de
quartiers doctobre 2004.
Dici là, toutes les suggestions seront les bienvenues.
Nhésitez pas à nous transmettre les vôtres.
Elles nous seront utiles pour préparer notre prochaine
assemblée générale annuelle.
NB : en arrivant à cette réunion, nous ne connaissions
pas la teneur des discussions engagées avec les architectes
châlonnais.
Leur ultralibéralisme aura sans doute eu pour effet bénéfique
daccélérer le processus de création
dune ZPPAUP.
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ZPPAUP : Un des coins du voile
Lassemblée générale
des Amis du Vieux Châlons a - enfin ! - été
loccasion de lever un des coins du voile qui recouvre le
dossier de la Zone de Protection du Patrimoine Architectural,
Urbain et Paysager (ZPPAUP) demandée à cor et à
cris depuis 18 mois par les associations de protection du patrimoine.
Lindécision demeure de rigueur.
Le bureau municipal du 2 juin sest penché sur
le dossier de la ZPPAUP. Il a essayé de jauger ses avantages
et inconvénients avant de botter en touche en renvoyant
sa décision à une séance ultérieure.
«En septembre sans doute», a expliqué M. Doucet,
premier adjoint au maire, lors de cette assemblée générale.
Le Petit Catalaunien Illustré sest procuré
le compte-rendu, que nous reproduisons in extenso ci-après,
de cette réunion du bureau municipal de Châlons.
«
ZPPAUP - avantages inconvénients - objectifs pour Châlons
Le patrimoine châlonnais, tant bâti que naturel,
est largement reconnu, puisque 40 immeubles sont inscrits ou
classés, 5 sites sont classés et 2 sites inscrits.
Ce patrimoine a déjà largement été
pris en compte avec les mesures suivantes :
¨Le POS (Ndlr : Plan dOccupation des Sols) actuel
a intégré les préconisations des études
réalisées dans le cadre du site inscrit du centre
historique. Un cahier de recommandations urbanistiques et architecturales
du site inscrit est annexé au POS.
¨Publicité et enseignes sont réglementées
dans le site inscrit.
¨II existe des campagnes de ravalement de façades
(12ème campagne).
¨Une OPAH (Ndlr : Opération programmée
damélioration de lhabitat) a été
réalisée en centre ville de 1987 à 1990.
¨De nombreux bâtiments et espaces publics ont
été restaurés, dont récemment lHôtel
de Ville, le marché couvert, le Petit Jard, le Jard Anglais,
léglise Saint-Jean... et maintenant la place Foch.
Que manquerait-il ? Peut-être la possibilité
de travailler mieux encore les coloris et matériaux des
façades, les mobiliers urbains, les revêtements
des voiries et trottoirs, les paysages urbains, bâtis ou
naturels, les végétaux... La rencontre avec la
délégation dEpernay a bien montré
que ces aspects étaient traités par le biais dune
ZPPAUP, mais il est vrai que le POS dEpernay ne tenait
pas compte du patrimoine autant que celui de Châlons.
Les ZPPAUP ont connu plus de succès que les secteurs
sauvegardés. 350 ZPPAUP approuvées à ce
jour depuis la loi du 7 janvier 1983 et 620 en cours délaboration,
pour 91 secteurs sauvegardés depuis la loi du 4 août
1962.
De son côté le PLU (Ndlr : Plan Local dUrbanisme
devant remplacer le POS) peut prescrire beaucoup de choses concernant
le patrimoine, mais ne peut aller dans le détail des matériaux
par exemple.
La ZPPAUP peut aller dans le détail, mais sa principale
caractéristique est quelle est créée
par arrêté préfectoral après accord
du Conseil Municipal, et que les autorisations de construire
sont délivrées après avis conforme de lArchitecte
des Bâtiments de France. Actuellement lavis conforme
de lABF nest requis quen cas de co-visibilité
avec un monument classé ou inscrit.
Les règles de la ZPPAUP se substituent aux règles
de protection des abords des monuments historiques.
Avant de prendre sa décision
le Bureau souhaite :
¨Prendre contact avec une Ville qui a mis en place
un secteur sauvegardé. Charleville par exemple. (Contact
: Député-Maire)
¨Avoir un tableau comparatif ZPPAUP / secteur sauvegardé
(AUDC)
¨Inviter M. lArchitecte des Bâtiments
de France à une réunion de Bureau Municipal, le
30 juin si possible. (E. Ameline)».
Derrière des arguments techniques
apparemment neutres, on sent les réticences et résistances
des partisans du bétonnage et de la densification du centre
ancien. Précisons que les associations de défense
du patrimoine ne sont pas demandeuses dun secteur sauvegardé.
Affaire à suivre.
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ZPPAUP :
Un sigle pour protéger
intelligemment son patrimoineLa ville doit accompagner
son plan local durbanisme dun projet daménagement
et de développement durable. La zone de protection du
patrimoine architectural, urbain et paysager constitue un des
outils permettant de le compléter.
En février 2002, la Ville de Châlons-en-Champagne
sest lancée dans lélaboration dun
Plan Local dUrbanisme (PLU). Elle va devoir en conséquence
procéder à une refonte de sa politique de lurbanisme,
actuellement déclinée par le Plan dOccupation
des Sols (POS). Dans ce cadre, la loi lui fait obligation dorganiser
la concertation avec la population en vue délaborer
son Projet dAménagement et de Développement
Durable (PADD) que le PLU déclinera.
Élaborer un PADD et un PLU, cest dessiner le
visage de la ville pour les vingt prochaines années. Pour
capitaux quils soient, ces documents nen sont pas
moins insuffisants pour protéger efficacement le patrimoine
architectural, urbain et paysager quune ville comme Châlons
a hérité de deux millénaires dhistoire.
Certaines villes, comme Troyes ou Provins, ont choisi depuis
longtemps la technique du secteur sauvegardé pour y parvenir.
Les associations de défense du patrimoine, elles, réclament
à cor et à cris la création dune ZPPAUP,
une zone de protection du Patrimoine Architectural, Urbain et
Paysager. Une procédure moins contraignante que le secteur
sauvegardée qui doit pouvoir sinscrire dans la refonte
globale de lurbanisme local que sera ladoption du
PLU et du PADD.
Après le coup de gueule quelles ont poussé
dans les colonnes de notre dernier numéro, ces associations
sont-elles sur le point dêtre entendues par la ville
de Châlons ? Quelques espoirs sont permis. Sans les
concerter ni les associer à sa phase de réflexion,
celle-ci vient en effet de se pencher sur la ZPPAUP dEpernay
dont les associations lui avaient révélé
lexistence.
Derrière
les siglesZPPAUP, PLU, PADD :
autant de sigles abscons qui nécessitent un décryptage
afin de bien appréhender leurs tenants et aboutissants.
La
ZPPAUP de Z à P
La décision de mettre à létude
une ZPPAUP appartient au Conseil municipal. Sa conduite revient
au maire, assisté par lABF, larchitecte des
bâtiments de France. Après un premier examen par
le Conseil municipal, le projet ainsi élaboré est
transmis au Préfet de Région pour être soumis
à enquête publique. Les conclusions de cette enquête
et lavis du Préfet sont transmis pour avis à
la Commission régionale du patrimoine et des sites. Le
projet est alors de nouveau transmis au conseil municipal pour
accord avant que le Préfet de Région ne crée
la zone par arrêté.
Le contenu
de la ZPPAUP
Le projet de ZPPAUP fait obligatoirement lobjet dun
rapport de présentation exposant les particularités
historiques, géographiques, architecturales, urbaines
et paysagères justifiant la création de la zone.
Ce document peut également contribuer à expliciter
le contenu de la protection et à mieux en faire comprendre
les raisons.
Le projet de ZPPAUP doit contenir lénoncé
des règles générales et particulières
qui sappliqueront dans tout ou partie de la zone en vue
de protéger ses paysages, son urbanisme et son architecture.
Il sagit de prescriptions ou de simples recommandations.
Les prescriptions visent les interdictions ou limitations au
droit de construire, au droit doccuper et dutiliser
le sol. Ainsi peuvent être prévues des interdictions
de démolir ou de modifier laspect des immeubles,
ou encore de déboiser. Peuvent de même être
prévues des obligations de moyens en prescrivant, par
exemple, lutilisation de certains matériaux. Enfin,
le projet doit être accompagné de documents graphiques
permettant de délimiter la zone et indiquant, le cas échéant,
les parties de zones qui seront soumises à des règles
spécifiques.
La ZPPAUP
et les monuments historiques
La création dune ZPPAUP demeure sans incidence
sur les immeubles inscrits ou classés au titre des monuments
historiques. Par contre, elle rend totalement inopérant
leur périmètre de protection de 500 m lorsque ce
monument est situé dans la zone. Lorsque celui-ci est
situé hors zone, son périmètre sarrête
là où elle commence. Si la ZPPAUP ne produit aucun
effet sur les sites classés de son périmètre,
elle suspend par contre la protection des sites inscrits.
ZPPAUP
et PLU
Le Plan Local dUrbanisme (PLU) remplaçant le
Plan doccupation des Sols (POS) doit respecter la ZPPAUP
qui lui est annexée. Si besoin est, le PLU doit être
modifié ou révisé. Tout permis de construire
portant sur la zone est soumis à une autorisation spéciale
accordée après avis conforme de lABF intervenant
dans un délai dun mois pouvant être prolongé
de 3 mois au plus. Quant aux permis de démolir, ils ne
peuvent être délivrés quavec laccord
de lABF. Celui-ci sera saisi pour avis des déclarations
de travaux auxquelles le maire peut sopposer dans les deux
mois de leur dépôt en mairie. Enfin, toute publicité
est en principe interdite dans la ZPPAUP, sauf à créer
une zone de publicité restreinte.
Le maire peut faire appel devant le Préfet de Région
de lavis de lABF. Le Préfet dispose alors
dun délai de 4 mois pour émettre un avis,
après consultation de la commission régionale du
patrimoine et des sites, qui se substitue alors à celui
de lABF.
Lurbanisme
prospectif
La loi Voynet du 25 juin 1999 a mis au cur des préoccupations
daménagement du territoire le développement
durable pour quil soit supportable et conciliable
avec lespace, la nature, lenvironnement, la protection
du patrimoine de lhumanité.
SDAU, SCOT,
POS et PLU
Dans la même perspective de développement durable,
la loi du 13 décembre 2000 relative à la Solidarité
et au Renouvellement Urbain, dite loi SRU, a transformé
radicalement le droit de lurbanisme pour en faire un outil
de réflexion et de prospective inscrivant le développement
dans lavenir. Les SDAU (schéma directeur daménagement
et durbanisme) sont remplacés par les SCOT (Schéma
de Cohérence Territoriale) et les POS (Plan dOccupation
des Sols) par des PLU (Plan Local dUrbanisme).
Au delà du changement de sigles, cette transformation
incarne une rénovation de lurbanisme territorial
repensé dans le contexte actuel de la décentralisation
et du développement durable. Désormais, la réflexion
daménagement et durbanisme à mener
sur un territoire devient globale et doit intégrer, outre
les traditionnelles préoccupations de zonages, tous les
aspects de la politique urbaine quil sagisse de lurbanisme,
du patrimoine, de lhabitat, des déplacements, les
implantations commerciales et industrielles.
Le SCOT
Les SCOT, qui sinscrivent dans la perspective de la
loi de 1999 sur la simplification de la coopération intercommunale,
deviennent alors le document dorientation des aires urbaines
incarnées par les établissements publics de coopération
intercommunale (communautés de communes, communautés
dagglomération, communautés urbaines ...).
Par ailleurs, ils se préoccupent de la réalité
de la vie des hommes en prenant en considération les bassins
de vie et les bassins demplois dont la géographie
ne correspond pas souvent à celle des communes ou des
structures intercommunales existantes.
Le PLU
et son PADD
Les PLU, pour leur part, doivent reposer sur un véritable
projet urbain à définir par les élus. Leurs
orientations pour lavenir du territoire sinscrivent
dans le Projet dAménagement et de Développement
Durable (P.A.D.D.) prolongé par le PLU qui met en uvre
les orientations définies et conduira à lédiction
dun règlement durbanisme précis et
exhaustif.
A noter que, par tradition et abus de langage, les communes
mettent en avant le terme de PLU pour valoriser la rénovation
de leur politique urbaine. Pourtant, le P.A.D.D. est plus significatif
que le PLU de la réforme issue de la loi SRU.
La concertation
Enfin, et ce point mérite une attention particulière,
la loi SRU instaure lobligation de concertation avec les
populations pour lélaboration des PLU. Les décideurs
locaux sont tenus de faire une place au citoyen, de le consulter,
de linformer et dorganiser une véritable concertation
dont la procédure doit être clairement définie.
La loi norganise pas elle-même la concertation, préférant
laisser ce soin aux communes elles-mêmes et faisant confiance
à la mobilisation des associations.
La même concertation doit trouver à sappliquer
pour la ZPPAUP.
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ZPPAUP :
Béton, business et basta
pour le bâti ancien
Depuis 18 mois, la création
dune ZPPAUP est au cur du discours des trois associations
patrimoniales de Châlons : les Amis du Vieux Châlons,
les Augustins et Nouvelle Catalaunie, atterrées quelles
sont devant lampleur que prend la politique du gruyère1.
La réponse tardant à venir, elles sont plus que
jamais déterminées à exiger de nos élus
quils sengagent résolument dans la sauvegarde
du patrimoine ancien de Châlons-en-Champagne en créant
une ZPPAUP. Elles viennent décrire une lettre ouverte
au Député-Maire pour le lui dire.
Les associations
des Amis du Vieux Châlons
des Augustins
Nouvelle CatalaunieàMonsieur Bruno Bourg-Broc
Député-Maire
de Châlons-en-Champagne
Monsieur le Député-Maire,
Béton,
business et basta
Aujourdhui, la lisibilité de la politique urbanistique
de Châlons ne se décline plus quautour de
3 « B » pour béton, business et
basta. Basta pour le tissu urbain ancien, abandonné à
la politique du « laissez faire » ayant
désormais cour en notre bonne ville. Cette politique donne
parfois, il est vrai, de bons résultats lorsque les propriétaires,
sensibilisés à limportance que revêt
le patrimoine ancien de Châlons, le remettent en valeur
dans le cadre du plan de ravalement des façades initié
par la municipalité de votre prédécesseur
Jean Reyssier et que vous avez poursuivi. Mais, trop souvent,
ce « laissez faire » nous rappelle les
sombres années soixante-dix qui ont vu la destruction
massive du centre ancien de Châlons.
Le mitage
de notre tissu urbain ancien
Le mitage de notre tissu urbain ancien est de nouveau en route.
Il ny a quà regarder la rue des Martyrs de
la Résistance pour comprendre doù lon
vient et où lon va. Dun habitat individuel
sur deux ou trois niveaux, on passe progressivement à
un habitat collectif à quatre ou cinq niveaux. Au fur
et à mesure que disparaît la première génération
des Amis du vieux Châlons qui, depuis les années
soixante-dix, ont su préserver notre tissu ancien, les
organismes logeurs et autres promoteurs immobiliers rachètent
tout ce qui passe et se lancent dans une densification à
outrance du centre ville. Sans doute pour remplir lobjectif
que vous vous êtes fixé en annonçant clairement
la couleur dans lUnion du 14/09/02 : « nous
allons créer 400 logements par an, reste à savoir
où ».
Une
politique au coup par coup
Cet « où », preuve sil
en est que la ville de Châlons-en-Champagne na plus
dautre politique urbanistique que le coup par coup, est
laissé à lappréciation de tous les
bons businessmen bétonneurs de la place. Lurgence
de redéfinir les règles du jeu simpose donc.
Car aussi aberrant que cela puisse paraître, un propriétaire
dun immeuble de caractère peut parfaitement décider
aujourdhui de le démolir pour reconstruire à
sa place une « m
». En témoigne
la maison des années vingt située au rond-point
Bagatelle, à langle des avenues des Alliés
et du Président Roosevelt, abattue en 2001 pour laisser
place à un immeuble de rapport à lesthétique
totalement ratée, malgré lopposition des
Amis du Vieux Châlons.
Pour justifier leur choix, tous nos bons businessmen bétonneurs
vous jurent, la main sur le cur, quils aiment Châlons,
le charme de son habitat ancien, etc... Mais que là, voyez-vous,
ils navaient vraiment pas le choix et quils ont dû
se résoudre, la mort dans lâme, à démolir
cet immeuble, tant il était vétuste et tant la
vermine lavait rongé.
De qui
se moque-t-on ?
Les Châlonnais seront ainsi tout surpris dapprendre
que limmeuble situé aux 9 et 11 rue Herbillon, qui
ne demandait quà être réhabilité,
nattend plus que vous lui donniez le coup de grâce
en signant le permis de démolir déposé par
la Renaissance Immobilière de Châlons. Sous le fallacieux
prétexte quil ne serait plus quune ruine se
cache la volonté de densifier les lieux sur quatre niveaux
au lieu de trois aujourdhui. Pour se donner bonne conscience,
il se dit que nos promoteurs envisageraient le plus sérieusement
du monde de faire du faux vieux en réutilisant une partie
de la façade en pierre de Savonnières ! En
annexant, au passage, la ruelle du Nau ceinturant limmeuble
qui pourtant, à ce que lon sache, fait toujours
partie du domaine public.
De qui se moque-t-on ? Trop, cest trop. La coupe
est pleine et explique, pour partie, la décision dOlivier
Richard de repasser le flambeau de la présidence des Amis
du Vieux Châlons à Frédéric Chef.
Et les Amis du Vieux Châlons sont bien déterminés,
avec le soutien actif des Augustins et de Nouvelle Catalaunie,
à repartir au combat, comme au début des années
soixante-dix sil le faut, pour mettre un terme à
la politique du gruyère de tous nos bons businessmen bétonneurs.
Une seule
solution : la ZPPAUP
Or, pour ce faire, il nexiste pas 36 000 manières.
La politique urbanistique initiée à la fin des
années soixante-dix est à bout de souffle. Elle
a besoin dêtre totalement repensée et reconstruite
sur de nouvelles bases. La création dune ZPPAUP1
couvrant la totalité du tissu urbain ayant survécu
à la deuxième guerre mondiale simpose comme
étant incontournable. Epernay, dont le patrimoine et le
tissu urbain ancien2 sont loin davoir la richesse de celui
de Châlons-en-Champagne, dispose dune ZPPAUP. A ce
que lon sache, elle ne constitue pas un handicap pour son
développement urbain. Pourquoi en serait-il autrement
à Châlons ?
De la
myopie urbanistique
Devant le tribunal de lhistoire, votre équipe
municipale porterait une très lourde responsabilité
à attendre quil ne reste pratiquement plus rien
à sauvegarder pour lancer les études préliminaires
de la ZPPAUP. Vous connaissez le lourd tribu payé par
notre patrimoine, malgré les mises en garde répétées
des Amis du Vieux Châlons, à cause de la myopie
urbanistique quaffectait dafficher nos édiles
davant 1977. Vous qui aimez à loccasion nous
rappeler que vous participâtes activement à ce combat,
vous ne pouvez pas ne pas vous en souvenir. Ni ignorer combien
il y a urgence à lancer une ZPPAUP. Larchitecte
des bâtiments de France, dit-on, y serait plus que favorable.
Nos trois associations aussi. Elles vous lont du reste
rappelé lors de laudience que vous leur avez accordée
le 29 avril 2002. Vous aviez alors souhaité prendre encore
un peu de temps avant de vous prononcer.
Plus
de blablabla : des actes
Aujourdhui, nous attendons de vous, Monsieur le Député-Maire,
que vous affichiez clairement votre volonté politique
de créer très rapidement une ZPPAUP à Châlons-en-Champagne.
Tout nouveau report de ce dossier équivaudrait pour nous
à une tergiversation que nous ne saurions admettre. Au
delà de cette affirmation, nous attendons également
que vous passiez aux actes en rejetant les sollicitations des
bétonneurs, à commencer par le projet de la RIC
rue Herbillon.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Député-Maire,
à lassurance de notre détermination à
uvrer pour la sauvegarde du patrimoine que des générations
de Châlonnais nous ont léguées.
Châlons-en-Champagne,
le 20 septembre 2002
Pour lassociation
des Amis du Vieux Châlons
Frédéric Chef
président
des Augustins
Danièle Jactat
présidente
Nouvelle Catalaunie
Bruno Malthet
président
Copie à :
·Monsieur le Préfet de Région, Préfet
de la Marne
·Monsieur lArchitecte des Bâtiments de France
·Journal lUnion
·Journal Marne-Hebdo
1 ZPPAUP : zone de protection du patrimoine architectural,
urbain et paysager.
2 Epernay a subi des destructions massives durant les deux
guerres mondiales et dans les années soixante-dix avec
la « rénovation urbaine » du quartier
saint-Thiebault, léquivalent du quartier Saint-Dominique
à Châlons.
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Châlons-en-GruyèreLa politique du gruyère,
à lorigine de la destruction du centre ancien de
Châlons, est de retour avec ses effets périphériques
pervers. Les associations de défense du patrimoine, pour
lesquelles la coupe est pleine, demandent que la ville soit classée
en zone de protection du patrimoine architectural, urbain et
paysager.
Tous les enfants vous le diront : dans le gruyère,
le meilleur, ce sont les trous ! La meule une fois tranchée,
il suffit de sattaquer au premier trou venu, de tailler
autour et de savourer cette fine lamelle de pâte molle
avant de sattaquer de la même façon au trou
suivant. Et ainsi de suite, jusquà ce quil
ne reste plus sur la croûte que quelques rogatons tout
juste bons à être râpés ou fondus.
La
politique du gruyère ...
Appliqués au patrimoine, ces plaisirs enfantins ont
de tout temps été très dévastateurs.
Cest ainsi que la salle Barbat est tombée sous la
poussée des bulldozers en 1972. Il sagissait dune
opération de rénovation rendue possible par la
politique du gruyère alors mise en uvre par la municipalité.
Elle absorba avec avidité toutes les dents creuses que
lon avait laissées sinstaller dans le centre
ancien de Châlons, avec lassentiment passif de nombreux
Châlonnais, convaincus que leurs édiles agissaient
pour le bien public en rasant ce quon leur présentait
comme des taudis insalubres.
Pour quil ny ait « plus jamais ça »
et sauver ce qui pouvait encore lêtre, une étude
urbanistique a été confiée en 1979 à
M. Listowski, architecte-urbaniste. Son objectif était
de mener une réflexion sur la structure de la ville et
son habitat ancien. Ce quil fit en étroite concertation
avec, notamment, la municipalité et les Amis du Vieux
Châlons. Son rapport a inspiré le plan doccupation
des sols de Châlons-en-Champagne ainsi que son cahier de
recommandations architecturales, qui y est annexé, afin
dapporter une protection architecturale renforcée
au centre ancien de la ville.
Depuis quelques années pourtant, cette protection est
mise à mal. Les dents creuses ont fait leur réapparition
un peu partout dans le centre ancien. Et, avec elles, la politique
du gruyère. Le haut de la rue Léon Bourgeois en
est une parfaite illustration. Avec lOPAC comme chef dorchestre
qui ne semble avoir retenu quune formule de M. Listowski
: « Quand on veut détruire une ville, disait-il,
on commence par casser ses angles de rue ».
est de retour ...
Tout a commencé avec une petite dent creuse. La sagesse
eût voulu quon évite quelle tombe et,
à défaut, quon la remplace par un pivot.
Mais faute de soins, les dents voisines se sont rapidement cariées
justifiant quon les arrache avant quelles ne se déchaussent.
Des incisives, le mal sest propagé aux molaires,
puis sur lautre côté de la rue des Meules,
en attendant de gagner la rue Saint-Joseph. Puis sur le maxillaire
supérieur, à langle de la rue Léon-Bourgeois
et du boulevard Justin Grandthille. Encore un peu de patience,
un nouvel arrêté de péril, une tempête
ou un incendie providentiel, et tout un quartier ancien disparaîtra.
Le diagnostic final pourra alors tomber avec les dernières
maisons dont on soulignera à loisir, la larme à
lil, laspect insalubre. Exit les pivots. Exit
également le dentier de grand-papa ! Ce sera une nouvelle
dentition, avec des logements de standing, en cur de ville,
face à lécrin de la nouvelle bibliothèque.
La ville se défend dêtre linspiratrice
de cette politique du gruyère. Mais elle y assiste plus
en spectatrice, attendant la fin du suspens pour en tirer les
conséquences, quen actrice déterminée
à jouer les premiers rôles et à obtenir le
César du patrimoine. Elle sabrite derrière
la réglementation, qui ne permet pas de sopposer
à un permis de démolir, et derrière le POS,
le plan doccupation des sols, qui encadre les projets des
promoteurs. Un POS qui, pour contraignant quil soit, les
dispense dappliquer, si bon leur semble, les recommandations
Listowski qui y sont annexées.
avec ses effets périphériques pervers...
Car recommandation ne signifie pas obligation. Au grand dam
des riverains du quartier des Augustins, déjà remontés
par les projets affectant la rue Titon (cf le Petit Catalaunien
Illustré, n° 37). Suite à la délivrance
dun permis de construire, ils craignent en effet de voir
les anciennes granges de la rue des Augustins tomber les unes
après les autres et laisser la place à des immeubles
de deux étages déstructurant la trame historique
du quartier et apportant son lot dinconvénients
: co-vision rapprochée à deux mètres entre
immeubles, ensoleillement réduit, surdensité du
quartier, stationnement impossible
« Stop ! Raz le bol ! Yen a marre ! », ne
cessent de dire les associations patrimoniales châlonnaises,
convaincues quil faut désormais passer à
une vitesse supérieure pour défendre le patrimoine
châlonnais. Craintes infondées, face à une
municipalité dont le credo est « Jaime Châlons
» ? Pas vraiment, si on en juge par lapparition rue
Carnot dune porte de garage bleue, à la place dune
devanture de magasin, juste devant un passage piéton dont
la sécurité nest plus garantie. Ces travaux,
contraires à lautorisation accordée, devraient
donner lieu à un procès-verbal. Mais lamnistie,
ou la mansuétude locale, risque fort de le reléguer
aux oubliettes châlonnaises. Celles dont les margelles
de pâte molle sertissent si bien les trous du gruyère.
justifiant de créer une ZPPAUP
Le torchon brûle. Aussi les associations des Amis du
Vieux Châlons, des Augustins et Nouvelle Catalaunie, avec
le soutien de lassociation nationale pour la protection
des villes darts, ont-elles annoncé lors dune
réunion-débat leur volonté commune de voir
Châlons-en-Champagne créer sur son territoire une
ZPPAUP, autrement dit une zone de protection du patrimoine architectural,
urbain et paysager. Une démarche qui sinscrit dans
la décision du Conseil municipal de transformer dici
deux ans le POS (plan doccupation des sols) en PLU (plan
local durbanisme). Une affaire à suivre de près.
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Les
Augustins se mobilisentLa mobilisation finit
toujours par payer. Lassociation des Augustins vient à
nouveau de le démontrer face à un projet immobilier
qui lui donnait quelques inquiétudes quant à la
préservation du patrimoine et du cadre de vie des riverains
de ce quartier du centre ville. Un quartier dont lassociation
demande le classement en «Zone de Protection du Patrimoine
Architectural et Urbain».
Lassociation des Augustins nourrissait quelques craintes
sur un ensemble immobilier situé aux 13 et 15 boulevard
Aristide Briand, face au Petit Jard, et aboutissant aux n°s
22 à 26 de la rue Titon qui venait dêtre acquis
par des promoteurs et aurait fait depuis lobjet dune
cession partielle.
Une
mobilisation réussie
Dans lun des premiers projets dont elle a eu connaissance,
limmeuble du boulevard Aristide Briand, inoccupé
depuis 10 ans et squatté depuis peu était promis
à la démolition. Sa façade devait être
reconstruite à lidentique ,
à quelques gros détails près. Pour lassociation,
les modifications envisagées portaient atteintes à
son intérêt architectural et à son implantation
harmonieuse dans le bâti existant et ancien. Elle exigeait
donc sa conservation totale. Satisfaction semble lui avoir été
donnée sur ce point. Limmeuble serait en effet cédé
à un tiers qui envisagerait de le conserver en létat
et de procéder au ravalement de sa façade et à
des aménagements intérieurs.
Lincertitude demeure par contre toujours sur le sort
des immeubles de la rue Titon, deux maisons à pans de
bois de la fin du XVIIème ou du début du XVIIIème
siècle séparées par des garages. Sous la
pression de lassociation, qui a lancé une pétition
ayant réuni plus dune centaine de signatures, le
dossier a toutefois évolué de façon positive.
Les promoteurs se sont en effet engagés à réaliser
une étude afin de déterminer si les pans de bois
peuvent être conservés et à recueillir lavis
de lassociation avant de déposer en mairie leur
projet daménagement. Une conservation que lassociation
estime devoir aller de soi, les façades, pour lépreuses
quelles soient, ne montrant pas de signes manifestes de
fatigue.
Protéger
le cadre de vie
Réunis en assemblée générale extraordinaire
pour débattre de lévolution de la situation,
les adhérents de lassociation demeurent fortement
mobilisés. Pour eux, ce quartier ancien de la ville devrait
faire lobjet dune attention particulière de
la part des élus. Toute densification de son habitat serait
en effet de nature à porter atteinte à son charme
et à leur cadre de vie. Envisagée à lorigine,
lhypothèse de créer en cur dîlot
un parking souterrain accessible depuis la rue Titon suscite
toujours de vives inquiétudes, malgré la modification
du projet quimpliquerait la cession de limmeuble
boulevard Aristide Briand.
Autre sujet dinquiétude : les lieux sont
squattés. La situation est dautant plus préoccupante
pour lassociation, qui a tiré toutes les sonnettes,
de la mairie jusquà la Préfecture en passant
par larchitecte des bâtiments de France, que, voici
10 ans, à quelques dizaines de mètres de là,
la clinique Janvier avait également été
squattée avant dêtre ravagée par un
incendie.
Vers une zone
de protection du patrimoine
Si la partie nest pas encore définitivement gagnée,
force est de constater que la mobilisation opérée
a eu quelques effets positifs sur lévolution du
dossier. Elle a en effet maintenu une pression que lassociation
nentend pas relâcher, forte de son expérience.
Elle noublie en effet pas que la mobilisation réussie
de tout ce quartier du centre ville a permis de sauver la clinique
Janvier.
Après dix années à combattre pour la
préservation du quartier des Augustins, lassociation
estime plus quurgent ladoption de mesures de protection.
Lintérêt architectural, historique, patrimonial
et paysager de ce quartier ancien justifierait amplement son
classement en Zone de Protection du Patrimoine Architectural
et Urbain (ZPPAU). Ce classement éviterait la naissance
de projets dont lampleur et larchitecture ne permettent
pas une insertion harmonieuse dans le lieu. Il éviterait
aussi de voir apparaître des projets de démolition
des immeubles constituant la trame historique et le caractère
patrimonial de notre cité.
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