Chaque trimestre, Le Petit Catalaunien Illustré ouvre ses pages "société" aux réflexions et actions menées par l'association Nouvelle Catalaunie et par toute personne ou groupement de personnes visant à dessiner la Catalaunie d'aujourd'hui et de demain. Pour découvrir les principales réflexions et actions menées ou en cours de réalisation, suivez le lien d'un des onglets ci-contre.

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Vatry :
3e aéroport de Paris ?
Le périphérique de Châlons
Un agenda 21 à Châlons Le parc des expos sera-t-il écolo ?
Plan de prévention des risques :
cavités et inondations
 

 

(les débats de 2001)

Vatry, nous et les autres Le plan d'exposition au bruit de Vatry synthèse du débat de Vatry
cartes des nuisances la contre-expertise les autres sites en concurrence
le site des grandes loges le débat des
Grandes-Loges
sites internets à visiter
Cette synthèse, réalisée par l'association Nouvelle Catalaunie, ne prétend pas à l'exhaustivité, mais à une stricte neutralité, à défaut d'objectivité.
Elle suit l'ordre des interventions et sa retranscription est tributaire de la difficile qualité d'écoute créée par les manifestations d'hostilité exprimées.

"Le débat public est difficile parce que ce n'est pas dans nos habitudes de discuter et d'écouter. Il est plus dans nos habitudes de contester. Fallait-il venir consulter les populations alors que aucune décision n'est encore prise ? Ma réponse a été de dire qu'il fallait absolument recueillir votre opinion. Le débat public a pour rôle de venir écouter avant de décider, y compris quand on sait qu'il y a un refus", a conclu le président Zémor lors du débat public d'Epernay du 4 octobre sur le projet de la CCI de Reims d'implanter le 3ème aéroport aux Grandes-Loges.

Plan synthétique du débat

1. Incidents lors de la projection du film de présentation
2. Intervention de
M. Cravoisier, président CCI de CCI de Reims
3. Intervention de M. Michel Lefebvre,
maire des Grandes Loges
4.
Réponses de MM. Zémor et Cravoisier
5. Intervention de
Mme Person, Conseillère générale du canton de Suippes
6.
Réponses de MM. Cravoisier et Zémor
7. Intervention du
maire de Suippes
8. Intervention de
Philippe Michelot, conseiller général de Châlons II
9. Intervention de M. Zémor sur
deux questions posées
10. Intervention du
maire de Mourmelon
11. Intervention de Mme Boufart-Savary de la DGAC sur l'
opportunité du 3ème aéroport
12. Intervention de M. Notat, président de la
FDSEA
13. Intervention de M.
Bruno Bourg-Broc, député-Maire de Châlons-en-Champagne
14. Réponse de
M. Cravoisier
15. Intervention d'un
habitant de Vatry
16. Intervention de
M. Thomas, député de Reims
17. Intervention de
M. Jacquemin, président de la CCI de Châlons
18. intervention de
M. Fimbel, porte-parole du collectif des associations opposées au 3ème aéroport
19.
Réponses de M. Zémor et de M. Catala, de la DGAC
20. Reprise de l'intervention de
M. Fimbel
21. Intervention de
Bruno Malthet, président de l'association Nouvelle Catalaunie
22. Intervention d'un habitant de
Juvigny
23. Intervention d'un
aiguilleur du ciel de la Région
24. Intervention du
maire de Vadenay
25. Intervention du
maire d'Epernay
26. Intervention du
maire de Juvigny
27. Intervention du
maire de Bouy
28. Intervention du
maire de La Veuve
29. Intervention du
maire de saint Hilaire au Temple
30. Intervention du
maire de Dampierre au Temple
31.
Conclusion de M. Zémor


pour consulter nos autres pages

l'intervention de l'association Nouvelle Catalaunie
 notre analyse du débat

Les cartes des zones de nuisances des sites marnais

VATRY 

les autres sites proposés

 Les autres sites internet à visiter


Après une courte introduction de Pierre Zémor, président du débat public, la projection du film de présentation de la DUCSAI commence, aussitôt perturbée par la moitié de la salle qui se lève et se retourne pour exprimer son opposition au site des Grandes-Loges. Le film est arrêté puis relancé après que le président Zémor ait averti que le débat ne commencera pas tant que ce film ait été diffusé. Il fait appel au sens de la liberté d'expression et de la démocratie, précisant que cette information s'intègre dans le débat public sans prendre partie sur le fond. Après une seconde interruption et un nouvel appel à la maturité des opposants et à leur sens des responsabilités, la projection se déroule dans le calme, à une séquence près : celle des Grandes-Loges où les sifflets fusent.

Pierre Zémor : nous venons pour vous écouter. Qu'est-ce qui se serait passé sans débat public ? Le gouvernement aurait pris une décision sur dossier, avec la concertation habituelle fondée sur une enquête publique sur un site déjà choisi (nombreux sifflets dans la salle). Il faut savoir à quoi va servir tout ce qui sera dit ce soir. Le débat public de ce soir se situe en amont des décisions, il doit éclairer le gouvernement, d'où l'intérêt de la discussion pour faire connaître vos arguments.

F. Cravoisier, président de la CCI de Reims, est invité à présenter le projet des Grandes Loges sous des huées, cris, injures et autres vociférations d'une grande partie du public qui brandit des pancartes et couvre la voix de M. Cravoisier durant la majeure partie de sa présentation. Le résumé qui suit de celle-ci en est par suite sans doute très partiel, cette rédaction étant tributaire de l'audition que nous avons pu en avoir.

Intervention de M. Cravoisier : … si je dois démissionner, ce seront mes pairs qui me le demanderons, pas vous ! L'expression des entreprises est une expression démocratique (brouhahas). Puis il expose les rôles et missions d'une CCI avant d'essayer de justifier sa position en expliquant que si la CCI est sortie de sa zone géographique, c'est qu'une telle infrastructure va au delà des frontières des arrondissements de Reims et Epernay (la salle scande : on n'en veux pas). Sur le choix du nom de Reims-Grandes-Loges, M. Cravoisier explique que l'on aurait pu lui donner le nom des 4 villages concernés, mais c'eut été trop long. Trois sites dans la Marne ? Faute de connaître le coefficient de pondération des critères retenus, il fallait ratisser large. Or l'autoroute et le TGV sont des bons critères pour les Grandes Loges. A l'origine du projet il y a l'association " Cœur de Champagne " qui veut un développement maîtrisé, sans recommencer Roissy, autour d'une grande métropole régionale. Aux cris de " Cravoisier, au terrier ", l'intéressé rétorque qu'il " espère que vous éduquez vos enfants autrement " avant de terminer sa présentation sous des sifflets nourris agrémentés de hurlements de cornes de brume.

Intervention de M. Michel Lefebvre, maire des Grandes Loges (applaudissements). S'exprime en qualité de maire et aussi de président du comité de défense. C'est pour lui un dossier particulier car un mois et quatre jours plus tôt, il en ignorait tout et aurait été stupéfait de savoir qu'il serait à Epernay ce soir. Il dénonce le manque de concertation de base avec les élus.

Intervention de M. Zémor : je comprends parfaitement que vous protestiez à juste titre contre le manque de concertation locale avant la proposition de verser ce site au débat public. Mais je n'en suis pas responsable.

Reprise de M. Lefebvre : Un mois pour travailler un tel dossier, il faut être des génies ! Puis il se lance dans un plaidoyer contre le projet et exprime l'amertume de ses collègues élus contre une pseudo candidature non concertées avant de rappeler que les camps de Suippes et Mourmelon, ce sont 6 000 hommes, 6 000 familles, 20 000 hectares d'entraînement, deux sites militaires irremplaçables. Ce projet entraînerait la suppression de 4 villages, c'est un projet farfelu et il en appelle à une mobilisation pour le dénoncer et faire gagner la Marne en rappelant qu'on soutient Vatry, le choix de la cohérence (applaudissements). Le projet des Grandes Loges est un trucage, une tromperie, mal vécus. Nous demandons de ne pas prendre en compte la candidature des Grandes-Loges.

Intervention de M. Zémor : les membres de la commission présents vont retenir vos arguments. Nous sommes dans une situation générale de manque de concertation préalable. Il y a les sites, il y a des riverains qui vivent actuellement ce que vous craignez de vivre.

Intervention de M. Cravoisier sous les hurlements : Nous aussi, nous avons eu très peu de temps pour construire nos dossiers durant le mois d'août. La concertation que nous n'avons pu avoir avant, nous l'avons tenté après.

Intervention de Mme Person, Conseillère générale du canton de Suippes : les habitants l'ont appris par voie de presse le 31/8. Avant : rien, aucune rumeur ; le mépris le plus total, la plus grande indifférence, l'humiliation. La population est abasourdie, incrédule. La mobilisation est difficile : une heure de route pour venir ici, pour réduire le nombre des opposants, c'est insupportable, d'autant qu'il y a des salles disponibles à proximité des Grandes-Loges, d'autant qu'un site serait déjà retenu sans répondre à la question fondamentale : faut-il un 3ème aéroport ? Je suis profondément hostile au projet, d'autant que j'ai toujours soutenu Vatry. Faire un autre choix serait un gâchis phénoménal. Ne nous laissons pas endormir par l'esprit machiavélique du site. Je n'ai jamais rien reçu de la CCI. Il y de nombreuses invraisemblances dans ce dossier. Comme de mettre en avant le nom de Reims, alors que Châlons est plus proche ! Quelle farce ! Quand on annonce Reims avec 220 000 habitants, il s'agit de son agglomération, mais pour Châlons on ne retient que 50 000 habitants : il s'agit alors de la ville : on veut minimiser !
M. Cravoisier a rayé de sa carte 30 villages dont les noms ne sont pas cités. Il y a de nombreuses inepties. 4 villages sont dans le périmètre aéroportuaire : ils devront disparaître. L'orientation de la piste est sécante avec Vatry. On supprime la BA 112 trop proche avec ses
30 km et on annonce que Vatry, également distant de 33 km, pourrait se poursuivre ! Vatry, lui, ne supprime rien ! Toutes les distances retenues dans le dossier partent de Reims, on oublie la section entre Reims et les Grandes-Loges ! Ce dossier est une farce politique d'un projet inconcevable.

Intervention de M. Cravoisier : une base aérienne à moins de 180 km d'un aéroport serait remise en cause selon l'armée ! (hurlements dans la salle).

Intervention de M. Zémor : quand nous avons ouvert le débat public en avril, nous avons bien vu des dossiers commencer à sortir. Mais le 5 juillet, celui des Grandes-Loges n'était pas prévu, d'où notre surprise de le voir apparaître dans les propositions. S'agissant de la salle, il en fallait une la plus proche possible du site proposé et on m'a dit qu'il ne fallait pas faire ce débat à Reims…

Intervention du maire de Suippes : un aéroport sur le canton de Suippes, ce serait l'arrêt de l'économie militaire en échange de nuisances. C'est inadmissible !

Intervention de Philippe Michelot, conseiller général de Châlons II et des Grandes Loges. Opposition absolue au projet préparé sans concertation, ce qui entraîne de nombreuses réserves tant sur la forme que sur le fond. Il y a un manque de réflexion sur l'organisation du transport aérien. Le débat est escamoté à cause d'un ministre qui a fort maladroitement fixé un seuil à Roissy. Il faut un véritable débat sur l'opportunité du 3ème aéroport. A-t-on interrogé les élus de la CCI de Reims sur ce projet ? C'est une méconnaissance totale de l'économie de ce territoire ! Comment peut-on passer sous silence Vatry ? C'est une solution raisonnable, mesurée et modérée. Nous ne construirons rien en opposant ruraux et urbains.

Intervention de M. Zémor : cette intervention pose deux questions. Celle de la nécessité d'un 3ème aéroport, sur laquelle je demande à un représentant de la Direction Générale de l'Avion Civile d'intervenir, et celle de la limitation des capacités de Roissy, pour laquelle on va vous lire un communiqué. Suit la lecture du communiqué de l'UFCNA… et des riverains de Roissy qui ont été reçus par M. Zémor pour rappeler le caractère inacceptable des nuisances qu'ils subissent et leur volonté de voir respecté les plafonnements décidés par le gouvernement. Ils demandent en conséquence un 3ème aéroport à plus de 100 km de Paris et demandent que le site de Vatry reçoive une attention particulière.

Intervention du maire de Mourmelon : pour verser l'élément militaire au dossier. Exprime sa consternation et sa colère d'avoir appris ce projet par la presse sans concertation préalable. C'est intolérable. La limite de ce projet, c'est l'armée, premier employeur du territoire, 1er camp militaire de France avec ses 60 champs de tir, situation consolidée par la professionnalisation de l'armée qui s'est faite dans la douleur. Mourmelon est un site stratégique. L'intégration de l'armée y est aujourd'hui réussie. Cette candidature jette un discrédit sur la CCI. L'armée, c'est notre patrimoine. Pas question de le mettre en péril. Je m'interroge sur la crédibilité de la démarche sans visite préalable sur le terrain, sur la crédibilité de la DUCSAI.

Intervention de Mme Boufart-Savary de la DGAC qui répond à l'opportunité du 3ème aéroport en présentant une courbe faisant état d'une prévision de croissance du trafic aérien de 5,4% par an. Nous sommes partis sur une croissance limitée à 2,9%. En 2020, on attend 140 millions de passagers. Orly peut en accueillir au maximum 35, Roissy 55, ce qui fait 90. Il y a donc potentiellement un manque de capacité d'accueil (brouhahas dans la salle) Avec un report possible de 10 millions de passagers sur le TGV, 5 sur les autres aéroports, il en reste 35 millions pour lesquels il faut apporter une réponse avec le 3ème aéroport. Ces chiffres sont ceux retenus dans les schémas de service présentés aux élus régionaux et à la représentation nationale.

Intervention de M. Notat, président de la FDSEA : l'agriculture qui occupe les fameux déserts est la première force économique avec l'industrie agro-alimentaire qui génère une valeur ajoutée profitant à tout le monde. J'ai été informé le 27/8 du projet mais quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que la chambre d'agriculture aurait été consultée à partir du 5/7. J'aurai pu comprendre l'annonce de ce site, mais pas le 27/8 (date confirmée par M. Cravoisier). Nous avons libéré 1200 ha à Vatry pour le fret, nous voulons qu'ils soient utilisés pour l'usage prévu. Quelle crédibilité de ce débat à 6 mois d'échéances électorales et 3 semaines après les attentats de New York ?

Intervention de M. Bruno Bourg-Broc, député-Maire de Châlons-en-Champagne : On aurait pu trouver une salle à Châlons pour faire ce débat ! Je ne sais pas si le 3ème aéroport est nécessaire, mais cela a été décidé par le gouvernement. Il n'y a pas eu de débat au parlement sur la création d'un 3ème aéroport. Parce qu'on soutient Vatry, on ne peut qu'être contre le projet des Grandes-Loges.. S'il était retenu, ce serait la mort de Vatry. Au delà des propos sur l'armée que je partage, il y a aussi un argument auquel on n'a jamais réfléchi : tous les grands projets sont cofinancés par l'Etat et les collectivités locales. Comment celles-ci pourraient-elles demain financer Les Grandes-Loges alors qu'elles soutiennent et fiancent Vatry ?

Intervention de M. Cravoisier : en quoi ce dossier serait-il farfelu ? Prouvez-le !…(brouhaha intense ne permettant pas de prendre de notes).

Intervention d'un habitant de Vatry : Exprime son opposition aux Grandes-Loges, Vatry et Bazancourt. Il est hors de question qu'il y ait des passagers à Vatry. Il y a 7 ans, on nous a annoncé que ce serait du fret. Actuellement, nos politiciens nous poussent aux passagers. Nous avons le handicap d'avoir accepté hier le fret, mais nous n'accepterons pas les passagers.

Intervention de M. Thomas, député de Reims et des communes devant être rasées. Le débat public est une bonne chose s'il sert à quelque chose. Des contre-expertises sont demandées. Le gouvernement doit se donner le temps de la décision. Votre projet est inacceptable. Il ne prend pas en compte les aspirations des populations. L'orientation des pistes ? Selon l'endroit, elle diffère. Je demande le retrait de ce dossier. On peut se tromper, on peut aussi le reconnaître. Ma pensée sur Vatry ? Je ne suis pas un adepte du transport de voyageurs sur Vatry. Si les avions étaient mieux remplis, peut-être que l'on n'aurait pas besoin du 3ème aéroport. Vatry est la solution pour éviter des investissements qui ne sont pas forcément nécessaires. Faisons la synthèse des débats : il y a une opposition quasi unanime sur les autres sites, alors qu'il existe un petit consensus sur Vatry. Si le gouvernement l'entend, alors il retiendra Vatry. Sinon, le débat n'aura servi à rien.

Intervention de M. Jacquemin, président de la CCI de Châlons : je suis catastrophé par la position de la CCI de Reims. J'ai été informé le 1/8. Sur le coup, je ne l'ai pas pris au sérieux. C'est le déchirement du département sur 2 zones économiques. Je suis aussi le porte-parole de la CRCI de Champagne-Ardenne, des CCI de Troyes et Saint-Dizier. Nous sommes actionnaires avec la CCI de Reims de la SEVE (société d'exploitation de Vatry Europort) et de la SEM (société d'économie mixte propriétaire du foncier). Comment peut-on jouer deux autres cartes ? Ce débat arrête le développement de Vatry. Les entreprises hésitent à venir s'y installer.

Une intervenante demande l'intervention de M. Fimbel, porte-parole du collectif des associations opposées au 3ème aéroport, qui prend place à la tribune avec ses transparents et précise qu'il intervient à la demande du maire des Grandes-Loges. M. Zémor lui demande de ne pas faire de présentation débordant du cadre des Grandes Loges. M. Cravoisier quitte la tribune.

Intervention de M. Fimbel. Aucun autre interlocuteur n'a été aussi tancé que M. Cravoisier. La vie de 300 000 personnes va être modifiée (présentation d'un transparent laissant apparaître des cercles concentriques autour du site et atteignant Châlons, Reims…). Nous sommes contre car un 3ème aéroport est inutile, nuisible, coûteux. On n'a pas à diviser Roissy, Vatry et les associations des sites. Il est inutile de discuter de l'endroit où l'on va poser le cauchemar.

Intervention de M. Zémor : à Reims, vous avez monopolisé le débat pendant 45 mn sans accepter le débat avec les fonctionnaires de l'Etat…

Reprise de l'intervention de M. Fimbel qui présente ses excuses au préfet pour ses propos musclés de Reims sur les fonctionnaires : il faut raisonner en terme de mouvements d'avion, pas en terme de passagers. La carte présentée dans le dossier des Grandes-Loges est une carte de survol aérien qui n'explique rien. Les espaces aériens dans l'Est de l'Europe ne sont plus disponibles pour accueillir 50 millions de passagers de plus. Peut-on utiliser la réserve de l'espace militaire ? Non, car les avions de la BA 112 décollent pour aller manœuvrer à Cambrai ou Colmar. Il nous manque 4 à 5 mois pour faire un travail de fond. Mais on sait déjà qu'il y aurait trop de conflits avec les couloirs aériens de Roissy et Orly. Et sachez que Lyon voudrait bien créer des pistes supplémentaires pour absorber une partie du trafic supplémentaire.

Intervention de M. Zémor : M. Collomb, sénateur maire de Lyon, a confirmé qu'il s'inscrivait dans la démarche DUCSAI, mais que Lyon Saint-Exupéry n'était pas candidat pour répondre au déficit parisien, mais souhaitait que son développement soit aidé financièrement.

Reprise de l'intervention de M. Fimbel : personne ne peut dire que l'hypothèse retenue d'une croissance du trafic aérien de 2,9% est une hypothèse basse. Actuellement, il y a légitimement de quoi repousser le 3ème aéroport de plusieurs années. Le schéma national de transport aérien peut se développer avec l'existant.

Intervention de M. Zémor : le 11 octobre, la contre-expertise commandée sera rendue publique avec toute une matinée consacrée à la confrontation des experts pour savoir si la décision de créer un troisième aéroport, ou sa mise en service (ce n'est pas la même chose), doit être reportée.

Intervention de M. Catala, de la DGAC : je suis d'accord sur le fait que le problème est extrêmement difficile. Le plus difficile est l'approche des aéroports. Quand un site sera choisi, s'il l'est, il faudra réexaminer l'ensemble des trajectoires civiles et militaires en coordination étroite de la façon la plus sécuritaire. On parle de 3ème aéroport, mais le schéma de service insiste sur la nécessité de développer les aéroports de province, car il y a de trop grandes disparités avec Paris. Mais quoi que l'on pense, il manque quand même 30 à 35 millions de passagers… Un second Roissy est-il possible ? On peut faire, c'est un problème technique.

Reprise de l'intervention de M. Fimbel : Ce que nous allons entendre et respirer avec un 3ème aéroport, les documents publiés par la DUCSAI en parle comme des " maux provoqués ". Le 3ème aéroport, c'est un cauchemar irréversible. La DUCSAI publie un article sur la santé et les gaz NOX à lire attentivement. Notre position de riverain est de nous y opposer. A 10, 20 km de Roissy, c'est intenable. Actuellement, les riverains de Melun se mobilisent à 50 km de Roissy. Les cônes de nuisances sont trop importants pour accepter de faire subir ça aux riverains. Où placer " ce truc monstrueux qui perturbent les vies humaines ", selon l'expression de M. Catala ? Réponse : trouvons autre chose ! Ne transformons pas le triangle Châlons - Reims - Epernay en un triangle infernal. Les nuisances tombent dans les cônes qui ne sont pas des rectangles. Ils forment un rayon de 60 à 70 km : ça toucherait 300 000 personnes d'une manière ou d'une autre.

Les pistes vont arriver sur le vignoble. On ne va tout de même pas devoir aller en Californie pour avoir du champagne propre ! L'emploi ? C'est une illusion économique pour le secteur. On ne sait pas exactement combien on en gagnerait, mais on sait qu'on en perdra 15 000. Gagnera-t-on 1000 emplois par millions de passagers ? Certains tablent sur seulement 300. Sur une plate-forme sans sièges sociaux, il vaut mieux tabler sur 500 par millions de passagers. Il faudrait donc entre 15 et 30 millions de passagers pour retrouver les 15000 emplois perdus ! Et durant ce chantier, les communes ne profiteront pas de la taxe professionnelle des entreprises qui construiront la plate-forme…

Intervention de M. Zémor : dans mes recommandations, outre les aspects sur les nuisances, je préconise l'instauration d'une instance de répartition de la richesse créée par la plate-forme afin qu'elle soit immédiatement investie localement.

Reprise de l'intervention de M. Fimbel : mais les appels d'offre seront inaccessibles aux artisans locaux. Reliser maintenant la conclusion finale du dossier des Grandes Loges : il y est écrit qu'il faut une acceptabilité des populations. Or celle-ci n'existe pas. Avec trois projets pour la marne, il y a un risque de conflit. Bonne nouvelle : chaque jour qui passe, il y a de moins en moins de personnes favorables à un projet qui tue Vatry. Nous avons le soutien du PS marnais et nous rencontrerons Mme Hazan demain : nous ne désespérons pas de la convaincre que ce projet est techniquement erroné.

Intervention de Bruno Malthet, président de l'association Nouvelle Catalaunie : Nous nous interrogeons sur vos véritables intentions car nous avons du mal à comprendre le véritable intérêt environnemental, social et économique du choix de ce site. Passons rapidement sur votre culot d'avoir osé affubler le nom de Reims au site des Grandes Loges qui Il a pour inconvénient majeur d'inclure dans sa zone aéroportuaire 1100 habitants, ce qui en fait le projet le plus dévastateur en terme de qualité de vie sur les 8 dossiers présentés, puisqu'il faudrait évacuer cette population. Nous avons aussi " apprécié " à sa juste valeur le soin avec lequel vous survolez le Nord de l'agglomération châlonnaise pour y amener un maximum de nuisances. Si votre projet des Grandes loges avait quelques chances d'aboutir, il condamnerait par ailleurs définitivement Vatry à fermer ses portes. C'est à croire que les entreprises aiment jeter l'argent public par les fenêtres ! Mais votre projet condamnerait aussi 5 à 6000 emplois. Dans ces conditions, vous comprendrez que vue de Châlons, l'incursion de la CCI de Reims aux Grandes Loges soit ressentie comme une agression. Aussi ce soir nous disons trois fois NON à ce projet. Nous vous demandons également de retirer dès aujourd'hui et publiquement ce projet inutile et imbécile qui vient polluer un débat public dont les dés sont, semble-t-il, pipés. Le débat public y gagnera en clarté, les riverains des Grandes Loges en tranquillité et la démocratie en respectabilité (intervention complète : cliquez ici).

Intervention d'un habitant de Juvigny. Je suis surpris d'entendre parler d'un 3ème aéroport et je m'inquiète que ce puisse être Aéroport de Paris, qui gère Roissy et Orly, qui en aurait la charge : ça irait à l'encontre de Vatry. Espace libre ? On oublie un peu vite les 4 villages concernés et les agriculteurs qui sont propriétaires des terres. On parle d'une expropriation à 5F le m², c'est une sous-estimation manifeste.

Intervention d'un aiguilleur du ciel de la Région, citant un article de presse d'un syndicat autonome des Aiguilleurs du ciel : nous disons oui à un 3ème aéroport, mais un site dans l'est serait une erreur, un site dans le Nord se heurterait sur les zones de Londres et Bruxelles. Le site de Beauvilliers est donc le seul possible. Vatry reçoit très peu de trafic. On peut en organisé plus en quantité limitée, mais pas pour en faire le 3ème aéroport.

Intervention du maire de Vadenay : dans le dossier, nous ne trouvons pas Vadenay. Nous sommes sous la piste. Napoléon III nous a exproprié. On a continué en 1950, puis en 1960 et maintenant avec l'emprise du TGV. A quoi servent les investissements que nous faisons aujourd'hui ? Le 3ème aéroport existe déjà. Un 4ème serait irraisonnable. Nous avions une forte demande de terrains à bâtir, maintenant c'est fini.

Intervention de M. Zémor : nous devons conclure. Le débat public suppose un minimum d'écoute mutuelle. Le président de la CCI de Reims devrait vous répondre avant que je conclue. Il ne le souhaite pas. Je redonne donc la parole aux élus comme cela m'a été demandé.

Intervention du maire d'Epernay : la ville d'Epernay confirme ses interrogations sur le 3ème aéroport et regrette la cacophonie marnaise. Elle est pour un développement raisonné de Vatry et s'interrige sur l'absence d'ADP dans le capital de la SEVE et sur son rapport induit sur la baisse de Vatry à qui il faut donner une réelle chance.

Intervention du maire de Juvigny : je m'interroge sur le devenir du poumon vert de la Marne. Ce projet remet en cause tout son schéma directeur. Nous ne pouvons pas attendre 20 ou 30 ans pour avoir les dividendes. Nous préférons le fleurissement de nos villages au béton. Il faut faire vivre Vatry dans les termes actuels, ne pas laisser vitrifier toute une région.

Intervention du maire de Bouy : Bouy compte 430 habitants, 50 enfants à l'école, qui vivent à la campagne pour être au calme et avoir de l'air pur. Nous avons investi dans l'école puis dans une salle desfêtes que nous payons actuellement. Il serait maintenant très mal venu d'investir encore. Et l'humain, y avez vous pensé ? Lors des municipales, je n'ai pas dit à mes concitoyens qu'ils auraient des douches au kérosène, qu'ils seraient réveillés au son des décibels au lieu du chant du coq. Nous en avons assez d'être pris pour les idiots du village. Il y a Vatry.

Intervention du maire de La Veuve : M. Cravoisier, vous auriez pu appliquer la démocratie en août 2001. Votre projet est absurde. Vous rêvez d'une mégapôle extraordinaire, la plus grande d'Europe. Nous ne voulons pas de nouvelles expropriations pour un deuxième aéroport inutile dans la Marne. On a assez donné pour le TGV, les autoroutes… Veut-on la ruine de Vatry ? C'est à peu près sûr. Le seul qui soit favorable aux Grandes-Loges, c'est le maire de Reims qui ne veut pas des nuisances chez lui. C'est scandaleux ! Nous disons non aux Grandes-Loges et nous soutenons Vatry avec du fret et des charters.

Intervention du maire de saint Hilaire au Temple : M. Cravoisier a déjà eu la délicatesse de rayer notre village de sa carte. Parlons des surcoûts de son aéroport. Le vrai tracé prévu pour le TGV le coupe. Mais sur sa carte, le tracé TGV passe 15 km au dessus ! J'espère bien que M. Cravoisier ne sera jamais contrôleur du ciel ! Ce déplacement coûtera au moins 1,5 milliards de francs, auxquels il faut ajouter le déplacement des autres lignes SNCF. Qui va financer ? Les collectivités locales ? (" Cravoisier ", entend-on dans la salle). Je demande l'abandon du projet.

Intervention du maire de Dampierre au Temple : Nos villages de Cuperly, Vadenay, Saint-Etienne au Temple et Dampierre-au-Temple sont condamnés à disparaître. A l'image des templiers à qui nous devons le nom du nôtre, devons nous devenir des villageois guerriers et nous battre ? C'est facile de présenter une candidature quand on n'est pas directement concerné ! Nos villages n'ont jamais fait acte de candidature. On ne déracine pas un vieil arbre pour le transplanter au risque de le voir crevé rapidement. Il en serait de même de nos habitants que l'on veut déraciner. Tout ceci ne peut être réduit à néant par une proposition incohérente. Je demande le retrait solennel du dossier de la compétition.

Conclusion de M. Zémor, président du débat public : M. Zémor fait des remarques sur le rôle qu'il avait à jouer dans ce débat, rôle mal compris et difficile. Le débat public est difficile parce que ce n'est pas dans nos habitudes de discuter et d'écouter. Il est plus dans nos habitudes de contester. Le débat public a pour rôle de venir écouter avant de décider, y compris quand on sait qu'il y a un refus. Si le débat public ne sert à rien, c'est que vous pensez que vous n'avez pas pu faire avancer le débat ; mais ce n'est pas mon avis.

Pour répondre à M. Bourg-Broc, sachez que la consultation du parlement a bien existé ; elle figure dans le schéma collectif des transports qui a été soumis à tous les Conseils Régionaux et du parlement qui a eu à se pencher sur le schéma de service ayant fait l'objet d'un avis d'une commission spéciale.

S'agissant d'ADP, cet établissement public n'est pas compétent sur ce territoire. Vouloir le voir intervenir à Vatry ou ailleurs impliquerait de changer la loi.

Le débat public est difficile localement. Fallait-il venir consulter les populations alors que aucune décision n'est encore prise ? Ma réponse a été de dire qu'il fallait absolument aller sur le terrain avant, même si ce n'est qu'une hypothèse et que l'on prend le risque d'une violente opposition. Il me fallait recueillir votre opinion (nombreuses manifestations dans la salle). Ne dites pas que les arguments échangés étaient inutiles. A Laon, nous avons été empêchés de tenir le débat public par des interventions dans le public accaparant la parole en empêchant de la donner aux élus locaux, aux habitants et aux associations.

Quelle portée faut-il donner aux arguments apportés ? Je me félicite d'avoir eu le courage d'engager des débats locaux. Dans les interventions des maires, des habitants et des associations, il y a des arguments qui ont une autre valeur que celle des dossiers présentés. Dans cette expérience nouvelle, il n'y a pas lieu de les rejeter. Beaucoup d'éléments ont été apportés, sur le contexte militaire, sur l'évolution du territoire. Nous les avons entendus parce que j'ai été ferme sur la tenue de ce débat. Je ne laisserai pas bafouer les efforts entrepris depuis 6 mois pour que vous puissiez avoir des informations.

Ce débat dans son ensemble fut bon. Quand un maire parle avec une métaphore d'un arbre déraciné, c'est peut-être mieux que des grands discours. Naturellement, on a pu entendre très clairement votre opposition. Mais cette proposition, il ne m'appartient pas de la retirer parce que ce n'est pas moi qui l'aie présentée. Ce n'est pas mon rôle. C'est du débat local que je devrais rendre compte, de toutes ses observations. Ainsi le gouvernement sera-t-il un peu mieux éclairé que s'il n'y avait pas eu de débat public.

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